De nouvelles publications sur le blogue

Quatre publications maintenant accessibles pour consultation

telescopeArticle (2011) : « La mobilisation des savoirs en contexte de lutte contre la pauvreté et l’exclusion : quels apprentissages pour les administrations publiques ? », Télescope, vol. 17, n° 3, p. 123-139. Par Jean-Marc Fontan.

logoub-iwtMémoire de maitrise (2011) : « Degree of public participation in science shops : an exploratory study ». A Master’s Thesis Submitted in Partial Fulfillment of the Requirements for the Master History, Philosophy and Sociology of Science, Institute of Science and Technology Studies (IWT), Universität Bielefeld. Par Francesc Rodríguez.

LogoIUPE2016Bottin (2010) : La santé dans votre quartier. Quelques ressources « pour un corps sain dans un environnement sain ». Ce bottin vise à fournir aux résidents de Montréal-Nord et de Hochelaga-Maisonneuve des informations et ressources concernant les problèmes de santé ayant un lien avec l’environnement. Par Nicolas Gauthier Lucie Suchet.

LogoIUPE2016Rapport de recherche (2010) : Étude des services d’accueil aux nouveaux arrivants. Cette étude cherche à évaluer dans quelle mesure les services d’accueil aux nouveaux arrivants présents sur le territoire de Montréal-Nord sont en adéquation avec les besoins des immigrants récemment arrivés. Par Adeline Mauchand et Julie Santerre.

Monologues sur la pauvreté et l’exclusion

Invitation à deux soirées de présentation des
monologues Prends ça pour du cash !

Carleton-sur-Mer, 22 novembre 2016. – Le Centre d’initiation à la recherche et d’aide au développement durable (CIRADD) et la MRC Avignon vous invitent à deux soirées de présentation des monologues Prends ça pour du cash ! le samedi 26 novembre prochain au Café-théâtre du Vieux-Couvent de Maria à 19 h et le 3 décembre prochain à la salle communautaire de Matapédia (5, rue Hôtel-de-Ville) à 19 h. Ces soirées sont la suite du projet « Coup de théâtre sur la pauvreté et l’exclusion sociale » qui s’est déroulé sur l’ensemble du territoire de la Gaspésie et des Îles en 2015 avec le soutien du Fonds d’innovation sociale GIM et initié en partie par Jacqueline Bouchard, travailleuse de proximité et professionnelle de recherche au CIRADD.

cash

Dans le cadre de ce projet, Mme Bouchard a réalisé plus de 200 entrevues ou rencontres dans chacune des MRC de la Gaspésie ainsi qu’aux Îles-de-la-Madeleine. Un des principaux objectifs de ce projet était, et est toujours, d’abattre les préjugés et les idées préconçues envers ces personnes en donnant la parole à des gens que nous n’entendons pas souvent et qui vivent pourtant près de nous.

De ces rencontres, elle a produit une trentaine de monologues qui relatent différents aspects de la vie quotidienne de plusieurs de nos concitoyens et les réalités qu’ils vivent. Livrés avec humour, ils sont une fenêtre vers une meilleure compréhension des différentes situations qu’amène la pauvreté. Ils traitent de différents sujets tels que le crédit, la simplicité volontaire, le salaire minimum, le logement, la situation des femmes, des hommes, l’alimentation, etc. Ces monologues seront présentés sur scène par des porte-paroles et des personnes de tous les milieux, et ce, de façon interactive.

De par son approche, Jacqueline Bouchard a réussi à cerner les réalités vécues sur le territoire de la MRC Avignon, partenaire financier de la diffusion des monologues. Les partenaires vous invitent donc à la présentation des monologues le 26 novembre prochain à Maria et le 3 décembre à Matapédia. Notez que les salles contiennent 125 places et qu’il n’y a aucune réservation au préalable. Il y aura une contribution volontaire en soutien à la Source Alimentaire Bonavignon et au Centre d’action bénévole l’Ascension-Escuminac.

Personne-ressource
Jacqueline Bouchard, travailleuse de proximité et professionnelle de recherche au CIRADD
418 392-7223
jxbouchard@gmail.comciradd

Ce communautaire fortement menacé – de qui et de quoi parle-t-on ?

Première partie – une page d’histoire

Réjean Mathieu

L’automne dernier, j’ai participé à une manifestation de groupes communautaires qui protestaient contre les politiques d’austérité. Mes réflexions – outre celles relatives à mon accord avec les revendications – m’ont fait remonter dans le temps, – et ce, – jusqu’aux comités de citoyens de l’Outaouais qui prirent forme dans la seconde moitié des années 1960.

J’étais présent à la création de nombre de ces groupes communautaires qui s’appelaient alors comités de citoyens ou groupes populaires. Je pensais aussi à des vétérans de la mouvance communautaire d’alors : les Roger Poirier, Raymond Levac, Robert Guimond, ainsi qu’un des principaux penseurs de ce nouveau mouvement, Michel Blondin.

C’était la fameuse Révolution tranquille. On tentait d’inclure dans cette <révolution>, les couches les moins favorisées de la population, si souvent laissées pour compte à l’époque et aujourd’hui. On faisait ce qu’on appelait de l’animation sociale, laquelle visait à <donner une voix à ceux qui n’en ont pas>. On essayait surtout d’aider les gens à se prendre en charge eux-mêmes et elles-mêmes, dans une démarche de bas en haut, sans imposer, en <aidant à mettre des mots> pour exprimer leurs revendications et pour passer à l’action.

Dans le cas de Hull, devenu depuis une partie de Gatineau, ce qui mit le feu aux poudres, ce fut la rénovation urbaine et les expropriations qui suivirent. Des gens du <vieux Hull> se sont vus expropriés et le furent sans volonté de compensation satisfaisante. Il s’agissait donc d’une extorsion de plus value, à l’image de ce qui continuait largement à se faire dans différents milieux de travail où la classe des patrons exploitait allègrement la classe ouvrière. Concernant les expropriations,  dans les meilleurs des cas, les personnes expropriées n’ont pas reçu le nécessaire pour remplacer la maison qu’on leur enlevait. Une démolition à saveur de rénovation urbaine ayant pour but de construire des condos, des rues, des commerces et des édifices pour le gouvernement fédéral. Nous avons réussi, ensemble avec les gens concernés, à obtenir des compensations beaucoup plus élevées que celles proposées, même si encore insuffisantes la plupart du temps. De là sont nés également, tant à Hull que dans d’autres régions du Québec d’autres comités citoyens et groupes populaires : pour des revendications en <santé>, en matière de revenu minimum de base, en habitation, en communication ou pour l’implantation de <cliniques juridiques>, de radios communautaires, etc.

Pour l’Outaouais, ce fut le début du <mouvement populaire>. Ce dernier s’est rapidement  enrichi d’une dimension politique, puis, chemin faisant, de groupes écologiques, culturels et à vocation économique. Malgré  ses lacunes, ce mouvement a continué à porter les demandes, les besoins et les désirs des gens de milieux populaires. C’est ce que des gouvernements tentent maintenant de museler au nom de l’austérité ou de la rigueur… Je reviendrai, dans mon prochain éditorial, sur l’évolution et la richesse de ce mouvement fortement menacé par l’esprit même du néolibéralisme.CadRb6KWEAEYla-

Éco-urbanisme

La ville : acteur – réseau pour relever le défi écologique

Alors que la contribution des États à la lutte contre les changements climatiques sera au cœur des discussions de la prochaine conférence sur le climat en décembre à Paris (lire l’édito de Lucas Durand du 13 octobre 2015), un autre acteur à ne pas négliger joue un rôle de plus en plus crucial pour répondre au défi écologique : les villes.

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Atelier dans un jardin du Collectif de recherche en aménagement paysager et en agriculture urbaine durable (CRAPAUD)

En effet, comme l’expliquent Jean Haëntjens et Stéphanie Lemoine dans leur livre «Éco-urbanisme : Défis planétaires, solutions urbaines» paru en septembre dernier, les villes, où réside désormais plus de la moitié de la population mondiale, sont, plus que jamais auparavant, « au cœur des grands défis écologiques, économiques et sociaux ». Pour faire face aux problèmes environnementaux, plusieurs d’entre elles innovent en mettant en œuvre un certain nombre de solutions, par exemple dans les domaines des systèmes énergétiques (solaire, méthanisation, géothermie), des modes de mobilités (vélo, voiture en libre-service, navette fluviale…), des pratiques démocratiques (démocratie participative, ville numérique…), des modèles économiques (localisé, circulaire, sociale et solidaire…) et des formes culturelles (festivals, art urbain…). Elles agissent à l’aide d’un éventail de possibilités en développant leur propre vision de la ville écologique, à partir d’un processus de mobilisation des acteurs politiques, des technicien.ne.s de l’urbain, des gens d’affaires et des agent.e.s économiques, sans oublier les citoyen.ne.s.

En multipliant les expérimentations techniques, urbanistiques, sociétales ou managériales, les acteurs concernés ont su développer des compétences transversales afin de donner une cohérence aux initiatives lancées. Telle est l’approche définie en termes d’éco-urbanisme par les auteurs mobilisés. C’est ainsi qu’à Copenhague, ville de 600 000 habitants, 63 % de la population se rend à l’école ou au travail à vélo (45 % dans la région de Copenhague), ce qui en fait un modèle de ville écologique (voir le reportage de Radio-Canada).

« De la ville objet à la ville des sujets »

Parmi les aspects intéressants du livre, notons le rôle essentiel joué par la participation citoyenne dans l’élaboration de cette vision commune en appelant entre autres au développement d’une économie « ancrée dans son territoire et moins dépendante des aléas de l’économie mondialisée », en relevant le défi de la ville inclusive pour les populations marginalisées ou exclues. Répondre au défi écologique, c’est donc aussi faire en sorte que le plus de personnes soient capables d’agir sur leur propre destinée, ce qui est un préalable à un meilleur contrôle de l’influence que nous exerçons sur notre environnement.

Cela met en lumière l’importance de conjuguer deux formes de lutte : celle contre les changements climatiques et celle contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Il nous faut considérer dans l’analyse non seulement le rapport que les êtres humains entretiennent avec la nature et avec leur environnement immédiat, mais également les rapports sociaux. Nous devons tenir compte des intérêts économiques qui sont en jeu, des rapports de pouvoir qui les accompagnent et des conflits qui opposent les êtres humains les uns aux autres.

Tel que formulé par Murray Bookchin dans l’écologie sociale, il y a là l’idée que les problèmes qui opposent société et nature prennent leur source dans l’évolution même de la société. C’est donc également vers, dans et par le domaine social qu’il faut agir pour penser des solutions. En ce sens, la ville constitue un laboratoire social qui peut offrir des pistes prometteuses vers l’établissement d’une société écologique, pour autant que cela implique une transition vers une société plus juste et égalitaire. Comme l’affirme la journaliste et militante altermondialiste Naomi Klein (Journal des Alternatives, 5 mai 2015) : « Si nous conjuguons justice sociale et action pour le climat, les gens se battront pour cet avenir ».

Richard Perron

Que la réflexion et l’échange d’idées se poursuivent ! Nous vous invitons à commenter ce texte et à le partager s’il vous a plu ou aidé.

On avait le goût de vous dire… !

UnknownDimanche après-midi 25 octobre 2015, l’école secondaire Calixa-Lavallée de Montréal-Nord vibre au son de pas légers qui glissent silencieusement vers l’auditorium. Les lumières se tamisent et nous, spectateurs et spectatrices, nous envolons, emportés que nous sommes par la simplicité de gestes et de propos. Le tout est acté avec force et modestie par les huit artisans et artisanes de la troupe de théâtre citoyenne Fleurs de macadam.

Entourés d’une douce volupté, nous nous faisons raconter, à l’aide de petits sketchs finement assemblés, la réalité quotidienne de personnes qui vivent pauvreté ou exclusion. Les portraits sont variés et nous sommes, uns à uns, unes à unes, interpellés par la puissance du verbe et des émotions.

Cette parole à huit voix prend toute sa résonance dans nos esprits qui entendent, ressentent et frémissent devant l’inéluctable vérité qui demande, au-delà d’être entendue, qui demande, au-delà d’être vécue, d’être réparée et jamais plus revécue.

Unknown-9À l’appel final, les lumières s’éteignent et les applaudissements fusent. Dans les échanges qui suivent, entre la troupe et nous, les contours d’une prochaine étape se dessinent. Une invitation se fait entendre à élargir la prise de parole et de passer de la parole à l’agir collectif.

La pauvreté et l’exclusion ne sont pas une fatalité ; certes ; elles n’en sont pas moins une réalité bien réelle qu’il faut dénoncer et combattre.

Jean-Marc Fontan

Photos, Louis Grenier

Idées fausses sur la pauvreté

Des outils pour mettre fin aux idées fausses sur la pauvreté

Des radio-poubelles aux campagnes électorales, les idées fausses sur la pauvreté se répandent et se diffusent dans tous les milieux et s’ajoutent aux violences que subissent quotidiennement les personnes en situation de pauidees_fausses_pauvretevreté.

Des personnes en situation de pauvreté et des volontaires du mouvement ATD Quart Monde ont créé des outils simples, clairs et efficaces pour mettre fin à ces idées fausses sur la pauvreté : quiz en ligne, fiches-argumentaires, manuel, théâtre forum…

Pour découvrir ces outils : http://www.atdquartmonde.ca/ideesfausses/

Campagne électorale fédérale

Élections en vue : « silence, on dépense ! »

Le 25 aout, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) s’est invité dans la campagne électorale fédérale. Il s’y invite d’une façon exemplaire, en dénonçant le grand vide des quatre principales formations politiques sur une question sociale à double visage qui se renouvèle constamment : la pauvreté et les inégalités sociales.

« Silence » sur la réalité de millions de personnes pauvres ou exclues. « Silence » sur les causes profondes qui sont au fondement des grandes inégalités sociales. En fait, les causes des maux trouvent peu de mots chez les aspirants et aspirantes au pouvoir. Aucun politicien ou politicienne n’ose en parler dans ses discours. Silence sur les moyens, les dispositifs et les mesures qui devraient être mises en place pour lutter efficacement contre la pauvreté et l’exclusion.

silence

Par contre, « ils et elles dépensent » à la fois leur énergie et des ressources importantes pour nous faire comprendre que la voie à suivre est celle du retour à une croissance économique qui baignerait dans un bon climat social. Le tout est présenté sous différentes vignettes : tantôt tinté de conservatisme, tantôt présenté dans un bel emballage à l’effigie de la classe moyenne, tantôt enchâssé dans une posture sociale-démocrate vieillissante, ou, quatrième option oblige, à l’aune de la solution souverainiste ou indépendantiste.

En s’invitant dans la campagne, le FRAPRU a brisé le silence d’un murmure qu’il importe de relayer haut et fort. Une brise anodine de révolte peut se transformer en ouragan lorsque les éléments s’y mettent. Et les éléments, c’est nous.

À nous de refuser des programmes voués à l’enrichissement des uns au détriment des autres. La grande richesse, me semble-t-il, consiste à bâtir politiquement un monde sans pauvreté !

Jean-Marc Fontan

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