L’action citoyenne au-delà des élections

Qui décide dans le monde ?

Des soupers à 1500$ le couvert pour permettre à de riches partisans du parti libéral du Canada de rencontrer nos dirigeants fédéraux viennent nous rappeler que les lieux de décision dans nos sociétés ne sont pas nécessairement là où on les pense… où on les « vote »…

Nous nous imaginons parfois que c’est surtout aux États-Unis d’Amérique que ce problème se pose, quel que soit le grand parti politique dont on parle d’ailleurs. Nous y voyons un milliardaire élu à la présidence grâce aux centaines de millions de dollars qu’il y investit et malgré (ou grâce encore?) ses mensonges éhontés, mais nous avons aussi entendu une candidate démocrate étaler largement des promesses à Wall Street.

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http://www.lemauricien.com/article/reforme-electorale-ou-distorsion-la-democratie%C2%A0

Nous pourrions penser qu’ici (aussi bien au Québec qu’au Canada), la situation est différente. Nous pourrions pousser la naïveté jusqu’à nous imaginer qu’ici, ce sont les politiciens et politiciennes qui prennent de façon autonome les décisions politiques. Lorsque nous voyons le Premier ministre Justin Trudeau se promener dans le monde en semant des « idées qui pognent », souvent intéressantes à première vue, l’espoir que les décisions politiques subséquentes vont suivre ces idées est permis.

Toutefois, force est de constater que ce même Premier ministre endosse des décisions concrètes, à l’image de celles concernant les pipelines dans l’ouest du pays, à l’image de la virevolte réalisée sur la question de la réforme du mode de scrutin ou encore concernant l’achat d’avions de transition. Alors nous en déduisons que son rôle premier consiste à être l’image électoraliste de son parti, mais que les décisions de ce même gouvernement sont largement influencées par des intérêts qui viennent d’ailleurs. Le Premier ministre Couillard joue le même rôle, mais de façon un peu différente. Il tente de faire oublier l’ère Charest tout en le dédouanant dans la mesure du possible…

Ma lecture de la scène politique nord-américaine, nous incluant bien évidemment, m’amène à penser qu’il faut repenser le principe démocratique. Nous ne devrions plus accepter que nos élus soient de simples courroies de transmission des décisions prises par des intérêts exerçant des pressions indues en vase clos. Nous ne devrions plus accepter, qu’au nom d’un populisme de bas étage, des décisions soient prises sur le dos des sans voix. Nous ne devrions plus accepter le mensonge électoraliste qui consiste à dire « vert » en cours de campagne électorale et à faire rouge une fois entré en poste.

Comment opérer une telle réforme ? Sans aller plus loin pour l’instant, disons que la solution passe par une citoyenneté éclairée et agissante. L’action citoyenne doit être constante et lucide. Elle doit s’élever au-dessus des partisaneries. Nous aurons l’occasion de revenir sur cette idée et n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires à ce sujet.

Réjean Mathieu

Que la réflexion et l’échange d’idées se poursuivent ! Nous vous invitons à commenter ce texte et à le partager s’il vous a plu ou aidé.

Le mouvement communautaire devant l’austérité

Pour un réel programme national de financement des organismes communautaires

Henning Mankell écrivait:

« Nous avons aujourd’hui tous les moyens nécessaires pour éradiquer la misère absolue et hisser tous les humains vivants au-dessus du seuil de malnutrition. Nous choisissons de ne pas le faire. C’est un choix que je ne peux considérer autrement que comme un acte criminel. Mais il n’existe pas de tribunal habilité à poursuivre, à l’échelle globale, les criminels responsables du fait que la faim et la misère ne sont pas combattues à l’aide de toutes les ressources disponibles, et qui nous entraînent tous à être complices et à avoir notre responsabilité dans ce choix. » (Henning Mankell, Sable mouvant, fragment de ma vie, cité par Paul Warren dans Le Devoir du 13 octobre 2016)

Au Québec, au fil des années, nous avons développé un ensemble de programmes sociaux porteurs d’une forme de justice sociale, en santé, en éducation et en solidarité sociale. Malgré les insuffisances et incomplétudes de ces programmes, nous pouvions espérer des lendemains meilleurs.

L’AUSTÉRITÉ LES A LARGEMENT AMPUTÉS…

Nous avions également, depuis les années 1960, créé un véritable mouvement au niveau de l’action communautaire en créant des comités de citoyens, des groupes populaires puis des organismes communautaires, des organisations d’économie sociale ou solidaire et des groupes de défense de droits.

L’AUSTÉRITÉ LES A AUSSI AMPUTÉS.

Ces mouvances, groupes, organismes et organisations avaient essentiellement pour mission de combler les vides de l’action étatique, et ce, à divers niveaux.

Malgré les dénégations du gouvernement en place, en raison de coupures ou d’une réorganisation des subventions gouvernementales, nous constations qu’un nombre grandissant de groupes communautaires et de groupes de femmes n’ont d’autre choix, pour survivre, de procéder à des mises à pied ou carrément à fermer leurs portes. Dans beaucoup de cas, des organismes n’ont plus qu’un seul ou qu’une seule employée qui s’acharne à assurer la survie de l’organisation.

La situation est telle, l’urgence est si criante qu’il nous faudrait répéter cette année l’exercice de grève des groupes vécue en 2015. Loin de s’améliorer, la situation empire.communautaire_austerite

Pourtant, il est encore fréquent que les institutions de santé en particulier dirigent des gens vers des groupes communautaires. Ceux-ci, qui ne devraient pas être considérés comme des prestataires de services, constituent une forme de « cheap labour ». Curieusement, l’État se déleste non seulement de services qui lui incombent, il se déresponsabilise aussi de l’attribution des ressources nécessaires à des organisations de la société civile pour les rendre accessibles.

Face aux demandes des groupes communautaires, la ministre Charlebois affirmait en décembre 2015 qu’ils n’ont pas été coupés… Qu’ils devaient prendre leur mal en patience… Être patients pour quels motifs, s’il n’y a pas eu de coupures?

Comble d’arrogance, en mars dernier, nous ne trouvions rien de significatif pour les organismes communautaires dans le budget du gouvernement québécois de 2016-2017.

Rappelons-le, les organismes communautaires autonomes contribuent clairement à l’amélioration du bien vivre ensemble dans la société québécoise. Dans la perspective d’agir sur les causes, ils agissent sur les symptômes des problèmes qui mènent aux inégalités individuelles et collectives. Cela avait d’ailleurs été reconnu dans la Politique sur l’action communautaire mise en place en 2001.

Réaffirmons que le sous-financement actuel est chronique.

  • La plupart des groupes n’ont pas eu d’augmentation de leur financement depuis plusieurs années;
  • Ils ne peuvent même pas suivre l’augmentation du coût de la vie puisque le programme de financement n’a pas bougé depuis 1973… contrairement aux dirigeants d’entreprises qui se payent des revenus à 7 et 8 chiffres et aux milliards qu’on accorde à de grandes entreprises;

Cette situation de sous et de mal financement amène à de sérieuses conséquences : une baisse importante des services à la population et même des fermetures d’organismes. D’où la légitimité des demandes formulées à l’État pour un réel programme national de financement, c’est-à-dire une politique de financement stable, récurrente.

On y reviendra car de nombreux motifs d’espoir émergent.

Réjean Mathieu

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État islamique (EI) et capitalisme

EI miroir du capitalisme globalisant

Notre conscience du réel présente d’étranges et malheureuses lacunes. Nous en percevons une partie seulement, son ombre (« Allégorie de la caverne » de Platon, livre VII de La République), sans pour autant voir les liens de causalité, les conséquences, bref, sans avoir le portrait global.

Un des bons exemples actuels, à mon avis, c’est notre vision de l’État islamique (EI). Ce sont des barbares, nos gouvernants nous le disent, leurs actes le démontrent suffisamment. Mais on n’a encore presque rien dit de sa réalité… D’où provient-il ? Que représente-t-il ? N’est-ce pas trop simple, voire simpliste, de n’y voir que cette barbarie, cette étroitesse d’esprit, cette compréhension étriquée du Coran que ne partagent pourtant pas l’immense majorité des musulmans ?EU_Refugees_IS

Jacques-Alexandre Mascotto nous aide à mieux comprendre, dans Le chaos créateur, (revue Relations, numéro 781, décembre 2015), en expliquant comment le djihadisme et le terrorisme servent la globalisation capitaliste et sa gouvernance. Les deux ennemis en apparence ont en commun de se construire sur le désordre, sur le chaos, les deux se développent sur « le démantèlement des institutions, la destruction du pouvoir de l’État et, ultimement, le « démembrement » des sociétés ».

Dans les deux cas, leur avenir repose sur la substitution du « principe organisationnel » – un peu à l’image de la grande entreprise capitaliste – au « principe civilisationnel » (selon Michel Freitag, cette « ligne de séparation…entre, d’un côté, la dimension fonctionnelle de la vie sociale…, et, de l’autre, la dimension culturelle-symbolique d’idéalité, cultivée pour elle-même, inactuelle… et portée… par les appels d’air de la pensée, de la méditation, de la beauté. »

Citant Walter Benjamin (Fragments philosophiques, politiques, critiques, littéraires, Paris, PUF, 2000, pp. 111-113), Mascotto souligne que : « Premièrement, le capitalisme est une religion purement cultuelle…il n’a ni dogme spécifique, ni théologie…les pratiques utilitaires du capitalisme – investissement du capital, spéculations, opérations financières, manœuvres boursières, achat et vente de marchandise – sont l’équivalent d’un culte religieux…ce qui compte, ce sont les actions. »

Or, ce capitalisme, le plus impitoyable qui soit… axé sur l’action et l’action seulement (Mascotto utilise le terme « opérativité »), c’est le sosie destructeur de l’EI « …qui se voit entièrement dans le miroir de l’Occident… qui évacue entièrement l’esprit de la religion pour ne garder que la stricte lettre réifiée… Sa religion sans trêve et sans merci est à l’image du capitalisme… préséance absolue de la lettre sur l’esprit, intervention permanente sur le réel au moyen de l’opérativité. »

Seule l’action de la société civile sur l’État peut contrer ces deux « religions sans esprit… ».

Réjean Mathieu

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Coopérative intégrale catalane

Face à l’austérité, faire le choix d’une économie solidaire provocante

Provocante, est-ce le bon terme ? Oui, provocante a été pour l’Europe la crise de 2008. Des pays comme la Grèce et l’Espagne ont été frappés de plein fouet par les turbulences économiques et les politiques d’austérité qui ont suivi. Alors, provocante a été la réponse d’Alexis Tsipras et de son parti, Syriza, en vue d’annuler les plans d’austérité imposés à la Grèce par ses partenaires européens!

Tout autant provocante fut la réponse de Catalans à la crise qui a frappé et qui continue d’affecter l’Espagne. Face aux turbulences économiques et aux décisions politiques faisant suite à la débâcle de 2008, y renait un mouvement pour le développement de modalités économiques alternatives. À preuve, la formation de la Coopérative intégrale catalane (CIC), une initiative optant pour des transformations sociales initiées par le bas en misant sur l’autogestion, l’auto-organisation et le travail en réseaux. Leur hypothèse de travail est simple, il faut sortir d’un modèle économique contrôlé par l’État en initiant une transition portée par une économie solidaire renouvelée. Comment le faire ? En se désaffiliant et de l’État et du capitalisme.

Coopérative intégrale catalane
Le fonctionnement de la coopérative intégrale catalane

Toute une proposition en vue de penser un nouveau modèle de société. « À plus long terme, elle (la société actuelle) pourrait se convertir en une autre société loin du contrôle capitaliste, comprenant son propre système de sécurité et de protection sociale, afin de garantir à tous ses membres, l’accès aux nécessités basiques, inhérentes à la vie. » (Source) Faire sans marché capitaliste, sans État représentatif, c’est en quelque sorte renouer avec le projet du socialisme utopique du début du 19e siècle.

Évidemment, dans le cadre québécois, penser autrement le rapport à l’économie, où l’État serait absent, est loin de représenter l’option qui fut privilégiée jusqu’à maintenant pour assurer la défense de l’intérêt commun. Pourtant, à voir le fonctionnement de l’État canadien et de son vis-à-vis québécois, force est de constater que la confiance en l’État représentatif est fortement minée. Lorsque les représentants au pouvoir agissent à l’encontre des principes fondateurs assurant la légitimité de l’État, il convient de questionner leur façon d’être, d’exiger des élections et d’élire démocratiquement des représentants en faveur de la défense de l’intérêt commun. Une telle option n’exclut pas le besoin de penser un système économique qui soit solidaire et inclusif, qui ferait siens les principes du non spéculatif, de la gestion participative, du travail en réseaux et du respect de l’environnement.

Jean-Marc Fontan

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Lutte contre les politiques d’austérité

Savoir se remettre en question pour mieux atteindre ses objectifs

Plusieurs semblent désemparés devant le portrait actuel de la lutte contre les politiques d’austérité. Voici quelques réflexions toutes simples que je me suis faites en y réfléchissant.

Une lutte de cette ampleur exige qu’elle soit menée en faisant des alliances. Or, une alliance demande de se doter d’une « plateforme » commune : à la fois représentative, convaincante et efficace. Cela implique de s’entendre sur des objectifs et des moyens d’action communs. Visiblement, les tendances à l’œuvre actuellement ne partagent pas cette communauté d’objectifs et surtout de moyens. Il importe alors de se poser des questions; se les poser à nouveau si cela a déjà été fait? Veut-on faire reculer le gouvernement? Veut-on faire avancer la conscience collective? Ou encore veut-on générer du désordre social? Selon la question de base privilégiée, des moyens différents devront être mis en œuvre. Si une question est retenue plutôt qu’une autre, il faut les ordonner, dégager un ordre de priorité qui commandera également une priorisation des moyens choisis.

Le Quart-État
Le Quart-État, peinture de Guiseppe Pellizza (1901)

Actuellement, les forces en présence poursuivent visiblement des objectifs divergents, au point où certains moyens d’action peuvent aller à l’encontre de ceux des autres. Pour nous, les objectifs de la majorité des plus défavorisés et de leurs sympathisants doivent nous guider. Nous sommes dans le provisoire, bien sûr, mais je ne pense pas qu’on doive favoriser des idéaux du type du « Grand Soir » ou du  « jour J», du moins pas dans la conjoncture actuelle. L’histoire apporte peu sinon pas d’exemple de réussite d’une telle approche, du moins dans une perspective favorable à la majorité.

Permettez-moi une autre question. Dans quelle mesure et comment doit-on se démarquer de tendances qui nuisent à la lutte plus qu’elles n’aident? Il me semble qu’une tendance qui vise « moins d’État » est plus proche du gouvernement Couillard que de ceux et celles qui luttent contre les mesures d’austérité. À réfléchir en tous cas!

Enfin, devant la difficulté à communiquer les objectifs cachés de mesures qui prétendent effacer les budgets déficitaires et éradiquer la dette publique, mieux vaudrait, il me semble, mettre l’accent à l’image de la réflexion présentée par Ekopolitica sur des revendications axées sur une juste redistribution des pouvoirs et des richesses, bref, sur plus de démocratie, plus d’écologie et le respect du bien commun.

Réjean Mathieu

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Débat sur l’allocation universelle

L’allocation universelle, solution d’avenir ou utopie dangereuse ?

http://zisyadis.com/2010/04/12/pour-une-allocation-universelle-suffisante-pour-vivre/
http://zisyadis.com/2010/04/12/pour-une-allocation-universelle-suffisante-pour-vivre/

Dans un contexte où l’esprit du providentialisme s’éclipse au profit du moralisme – enquêtes sur les prestataires de l’assurance emploi et coupe auprès de prestataires de laide sociale – se pose à nouveau la question de l’allocation universelle. Il s’agit d’un débat très présent dans les années 1990 que reprend Jean-Marc Ferry sur son blog. Il fonde l’allocation universelle sur le principe du transfert des richesses créées par le marché. Un transfert qui permettrait de refonder nos systèmes économiques en leur donnant une finalité plus sociale :

C’est en cela que l’allocation universelle pourrait permettre le redéploiement de l’économie vers des activités socialisantes. Elle pourrait en effet servir à favoriser le décollage de secteurs d’activités non mécanisables (eux seuls échappant à l’automatisation), personnelles et autonomes. C’est ce que j’appelle le secteur d’activités quaternaires. En regard de considérations historiques (tout le monde a contribué au progrès et il n’est pas juste que seule une minorité profite des avantages qu’il a générés), il semble logique que l’allocation universelle soit financée par des prélèvements sur les entreprises. À long terme, on peut escompter que l’allocation universelle ne se limitera pas à être un revenu social, mais qu’elle sera aussi un investissement économique à part entière. En effet, si l’on suppose le développement du secteur quaternaire, la question de l’investissement économique s’avérera centrale puisque cet investissement devra anticiper sur les revenus à venir de ce secteur. L’idée est que l’allocation universelle est un filet qui permettra à l’individu de prendre quelques risques financiers, dans la mesure où elle permettra de réduire la précarité sociale. Les banques pourraient en ce sens jouer un grand rôle dans ce processus en favorisant le crédit. De manière générale, on peut dire que l’Europe pourrait servir de laboratoire dans le développement du quaternaire. (http://users.skynet.be/sky95042/plaidoye.html)

Il s’agit certes d’une proposition à prendre en considération puisqu’elle repose sur le respect des droits des personnes et des communautés à vivre décemment. Reste à voir l’applicabilité du principe. Au moment où l’État est de plus en plus déconnecté du providentialisme et qu’il soumet naïvement ses capacités de régulation aux logiques de bonne et saine gestion, nous pouvons nous demander comment si l’État, tel que défini présentement, serait en mesure d’implanter un tel système.

Pour permettre une allocation universelle, il faudrait combiner au moins trois éléments :

  • Une capacité de produire de la richesse au niveau nécessaire pour permettre une allocation universelle à toutes les personnes qui en ont le besoin ;
  • Une responsabilisation des citoyens face à un système fondé sur un solidarisme universalisé ;
  • Une capacité de l’État de capter les surplus nécessaires.

Si les deux premiers éléments représentent un enjeu de taille, il est clair que le troisième n’est en rien évident. Dès qu’il est question de capter la rente des nantis pour en socialiser l’utilisation, nous voyons se déployer tout un arsenal de pressions sur les élus qui plient rapidement et finissent par renoncer. Il est beaucoup plus aisé pour l’État de déployer des mesures de contrôle auprès des personnes pauvres et exclues que d’amener les personnes riches et nanties à quitter le confort du royaume de l’hyper abondance ! Pour y parvenir, il faudrait repenser notre rapport au politique. Un rapport qui aurait avantage à se draper d’un pavillon orné de vert et de noir ; à proposer des actions musclées ; à renouer avec une fonction régalienne liée aux droits et aux responsabilités ; à se configurer à partir d’une vision d’un développement socioéconomique fondé sur une vision du progrès autre que celle portée par les élites actuelles. Un rapport au politique à calibrer différemment ; à définir sous des nouvelles formes organisationnelles et institutionnelles