Formation sur les inégalités sociales

Coûts, mythes et solutions: Le visage complexe des inégalités sociales

Inscrivez-vous à cette formation donnée conjointement par l’INM (Institut du Nouveau Monde) et l’Université McGill.

Les inégalités économiques et sociales sont en hausse au sein des pays développés. Bien que le Québec soit la société la plus égalitaire d’Amérique du Nord, cette tendance ne l’a pas épargné. Les causes sont multiples et les conséquences d’inégalités élevées sont coûteuses en termes de prospérité et de bien-être. Le vivre-ensemble pâtit. Quelle a été l’évolution des inégalités au cours des 50 dernières années? Quelles sont les inégalités néfastes? Quelles sont les causes et conséquences de l’évolution récente des inégalités? Quels leviers peuvent être utilisés pour les réduire et quelles sont leurs limites?

Cette série de quatre cours abordera en profondeur ces questions et défis. Les cours peuvent être suivis individuellement.

Plan de cours 

Cette série de quatre cours abordera questions et défis en profondeur.  Vous pouvez prendre toute la série ou chaque séance individuellement.

Pour vous inscrire pour la série, veuillez cliquer ici >

Pour vous inscrire à une séance individuelle, cliquer sur la séance ci-dessous, chaque lien vous renverra vers une page avec des informations détaillées et vous pourrez vous y inscrire.

3 novembre : Inégalités sociales : Évolution et mythes

10 novembre : Inégalités sociales : Les causes et conséquences

17 novembre : Inégalités sociales: Quelles sont les solutions?

24 novembre : Inégalités sociales : Comment provoquer le changement?

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Le mouvement communautaire devant l’austérité

Pour un réel programme national de financement des organismes communautaires

Henning Mankell écrivait:

« Nous avons aujourd’hui tous les moyens nécessaires pour éradiquer la misère absolue et hisser tous les humains vivants au-dessus du seuil de malnutrition. Nous choisissons de ne pas le faire. C’est un choix que je ne peux considérer autrement que comme un acte criminel. Mais il n’existe pas de tribunal habilité à poursuivre, à l’échelle globale, les criminels responsables du fait que la faim et la misère ne sont pas combattues à l’aide de toutes les ressources disponibles, et qui nous entraînent tous à être complices et à avoir notre responsabilité dans ce choix. » (Henning Mankell, Sable mouvant, fragment de ma vie, cité par Paul Warren dans Le Devoir du 13 octobre 2016)

Au Québec, au fil des années, nous avons développé un ensemble de programmes sociaux porteurs d’une forme de justice sociale, en santé, en éducation et en solidarité sociale. Malgré les insuffisances et incomplétudes de ces programmes, nous pouvions espérer des lendemains meilleurs.

L’AUSTÉRITÉ LES A LARGEMENT AMPUTÉS…

Nous avions également, depuis les années 1960, créé un véritable mouvement au niveau de l’action communautaire en créant des comités de citoyens, des groupes populaires puis des organismes communautaires, des organisations d’économie sociale ou solidaire et des groupes de défense de droits.

L’AUSTÉRITÉ LES A AUSSI AMPUTÉS.

Ces mouvances, groupes, organismes et organisations avaient essentiellement pour mission de combler les vides de l’action étatique, et ce, à divers niveaux.

Malgré les dénégations du gouvernement en place, en raison de coupures ou d’une réorganisation des subventions gouvernementales, nous constations qu’un nombre grandissant de groupes communautaires et de groupes de femmes n’ont d’autre choix, pour survivre, de procéder à des mises à pied ou carrément à fermer leurs portes. Dans beaucoup de cas, des organismes n’ont plus qu’un seul ou qu’une seule employée qui s’acharne à assurer la survie de l’organisation.

La situation est telle, l’urgence est si criante qu’il nous faudrait répéter cette année l’exercice de grève des groupes vécue en 2015. Loin de s’améliorer, la situation empire.communautaire_austerite

Pourtant, il est encore fréquent que les institutions de santé en particulier dirigent des gens vers des groupes communautaires. Ceux-ci, qui ne devraient pas être considérés comme des prestataires de services, constituent une forme de « cheap labour ». Curieusement, l’État se déleste non seulement de services qui lui incombent, il se déresponsabilise aussi de l’attribution des ressources nécessaires à des organisations de la société civile pour les rendre accessibles.

Face aux demandes des groupes communautaires, la ministre Charlebois affirmait en décembre 2015 qu’ils n’ont pas été coupés… Qu’ils devaient prendre leur mal en patience… Être patients pour quels motifs, s’il n’y a pas eu de coupures?

Comble d’arrogance, en mars dernier, nous ne trouvions rien de significatif pour les organismes communautaires dans le budget du gouvernement québécois de 2016-2017.

Rappelons-le, les organismes communautaires autonomes contribuent clairement à l’amélioration du bien vivre ensemble dans la société québécoise. Dans la perspective d’agir sur les causes, ils agissent sur les symptômes des problèmes qui mènent aux inégalités individuelles et collectives. Cela avait d’ailleurs été reconnu dans la Politique sur l’action communautaire mise en place en 2001.

Réaffirmons que le sous-financement actuel est chronique.

  • La plupart des groupes n’ont pas eu d’augmentation de leur financement depuis plusieurs années;
  • Ils ne peuvent même pas suivre l’augmentation du coût de la vie puisque le programme de financement n’a pas bougé depuis 1973… contrairement aux dirigeants d’entreprises qui se payent des revenus à 7 et 8 chiffres et aux milliards qu’on accorde à de grandes entreprises;

Cette situation de sous et de mal financement amène à de sérieuses conséquences : une baisse importante des services à la population et même des fermetures d’organismes. D’où la légitimité des demandes formulées à l’État pour un réel programme national de financement, c’est-à-dire une politique de financement stable, récurrente.

On y reviendra car de nombreux motifs d’espoir émergent.

Réjean Mathieu

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La démocratie au travail (2/3)

L’autogestion et l’entreprise autogérée

Bien que les milieux de travail fonctionnant de manière autogérée ne constituent pas un phénomène nouveau, l’autogestion demeure peu connue du grand public. En effet, nous sommes tellement habitués à travailler au sein de structures hiérarchiques qu’il nous est difficile de concevoir autrement notre rapport au travail.

Et pourtant ! Au Québec, des coopératives de travail, des cafés-bars, des maisons d’édition ont choisi l’autogestion comme mode de fonctionnement. Les travailleurs et travailleuses gèrent ainsi eux-mêmes l’organisation du travail et la division des tâches au sein de l’entreprise.

Par l’application de la démocratie directe, tous et toutes sont conviés à participer aux discussions et aux décisions qui les concernent. Des délégués peuvent être nommés, mais ceux-ci peuvent être remplacés à tout moment. De même, l’autogestion n’exclut pas le travail d’experts techniques, mais ceux-ci doivent se contenter d’informer et de conseiller l’ensemble des travailleurs pour qu’ils prennent les bonnes décisions.

Si, à petite échelle, l’autogestion permet à des individus de contrôler leur environnement de travail, à plus grande échelle, cette pratique s’inscrit dans un projet de transformation radicale des rapports économiques. Issue du mouvement ouvrier révolutionnaire du 19e siècle qui a pris forme en réaction au développement du capitalisme industriel, l’autogestion déborde de la sphère du travail et peut s’étendre à un mode d’organisation de l’ensemble de la société.

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Documentaire sur les usines récupérées en Argentine : «THE TAKE» (à visionner sur YouTube)

Un exemple courant d’entreprise autogérée est celui de l’entreprise capitaliste récupérée et gérée par ses travailleurs après la faillite de l’entreprise ou son abandon par le propriétaire. Les pays d’Amérique latine, notamment l’Argentine depuis les années 2000, présentent de nombreux cas d’entreprises récupérées.

Aucun modèle n’est parfait

Pour ne pas dresser un portrait trop idéalisé de l’entreprise autogérée, il convient d’ajouter qu’elle n’est certainement pas à l’abri de rapports de pouvoir, par exemple ceux liés à des différences de statuts entre travailleurs scolarisés et peu scolarisés, entre le travail intellectuel et le travail manuel, ou encore entre les hommes et les femmes.

À ce sujet, l’article «Autogestion et résistances» de Carole Yerochewski démontre bien, grâce à l’étude de cas de deux coopératives (dont l’une est une entreprise récupérée) de travailleurs brésiliens engagés dans le tri et le recyclage, que si les pratiques démocratiques constituent un facteur d’engagement, lorsqu’elles font défaut, certains groupes de travailleurs se sentent moins appartenir au projet collectif et se désengagent de la gestion de leur coopérative.

L’autogestion n’est pas garante de pratiques démocratiques sans faille, comme aucun modèle d’ailleurs. L’entreprise autogérée offre néanmoins un modèle alternatif à la structure hiérarchique de l’entreprise capitaliste classique. Elle permet donc de renforcer la démocratie au travail, là où des travailleurs et travailleuses croient que l’autonomie collective au travail est possible !

Richard Perron

Pour en apprendre plus sur l’autogestion au Québec et ailleurs :

Pour lire ou relire les autres éditoriaux sur le thème de la démocratie au travail :

– La démocratie au travail (1/3) Pour une économie plus démocratique

– La démocratie au travail (3/3) Les rapports de pouvoir dans les groupes communautaires et militants

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Offre d’emploi – Communication

Coordonnateur(trice) des communications et de la vie associative

Parole d’excluEs est à la recherche d’un(e) coordonnateur(trice) des communications et de la vie associative.

Parole d’excluEs est une organisation qui innove dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, notamment par son action de mobilisation citoyenne et l’action collective, à partir de logements communautaires, sur les territoires de Mercier Hochelaga-Maisonneuve et Montréal-Nord (secteur de l’îlot Pelletier et Nord-Est).

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Offres d’emploi en recherche

InterActions – Centre de recherche et de partage des savoirs – CIUSSS du  Nord-de-l’Île-de-Montréal

Offre d’emploi : assistant de recherche

  • Travail à plein temps, jusqu’au 31 mars 2017, avec possibilité de renouvellement
  • Urgent
  • Lieu de travail : CLSC de Bordeaux-Cartierville du CIUSSS-du-Nord-de-l’Île-de-Montréal
  • Salaire selon les normes en vigueur dans le réseau de la santé et des services sociaux du Québec (de 20,35 $ à 24,51 $)

Offre d’emploi : 2 auxiliaires de recherche (étudiants) recherchés

  • 1 mandat pendant 2 ans et 1 mandat pendant 6 mois
  • 15 heures par semaine, horaire flexible
  • Lieu de travail : CLSC de Bordeaux-Cartierville du CIUSSS-du-Nord-de-l’Île-de-Montréal
  • Salaire selon les normes en vigueur à l’Université de Montréal

InterActions

La démocratie au travail (1/3)

Pour une économie plus démocratique

Lorsque nous réfléchissons à l’amélioration de la vie démocratique, nous nous référons presque toujours, non sans raison, aux institutions gouvernementales et municipales. En effet, celles-ci mériteraient plusieurs réformes de manière à faire en sorte que notre système de démocratie représentative soit, justement, moins représentatif et plus participatif, pour mieux répondre aux besoins et aspirations de la population.

Pourtant, nous devrions en même temps nous questionner sur la façon dont se prennent les décisions dans nos milieux de travail puisque cela nous touche beaucoup plus directement et sur une base quasi quotidienne. Nos conditions de travail constituent un thème central de nos préoccupations en emploi. Plus largement, notre degré de capacité à influer les décisions de l’organisation pour laquelle nous travaillons devrait l’être également.

Dans un billet publié en novembre dernier sur le site de l’IRIS, Pierre Ducasse affirme la nécessité de démocratiser l’économie :

« Nous avons tendance à croire que nous vivons dans une société démocratique, alors que, en règle générale, les entreprises fonctionnent selon un modèle autocratique. Et malgré de nombreux changements depuis la révolution industrielle jusqu’à nos jours, le capitalisme n’a pas vraiment changé de nature depuis 200 ans en ce qui concerne les rapports de travail : les rapports entre un maître et les personnes qui lui sont subordonnées » (Lire l’article).

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Source : http://www.rhone-alpesolidaires.org

Pierre Ducasse rappelle des pratiques qui permettraient de démocratiser l’économie, telles que la coopérative de travail, les entreprises autogérées, le modèle de co-détermination, les programmes d’actionnariat salarié, ou encore le modèle des coopératives de travailleurs actionnaires. L’auteur soulève également le rôle essentiel que les syndicats doivent jouer dans la participation accrue des travailleurs aux décisions de l’entreprise.

Revendiquer la démocratie économique

La concentration accélérée de la richesse à laquelle nous assistons à l’ère de la globalisation néolibérale va de pair avec la concentration du pouvoir économique entre les mains d’un nombre de plus en plus restreint d’acteurs. La redistribution inéquitable de la richesse a pour conséquence d’accroitre les inégalités socio-économiques à l’échelle de la planète (Lire à ce sujet l’article La «démocratie économique» reste à conquérir, paru dans Le Devoir le 6 février 2016).

S’attaquer aux inégalités socio-économiques implique nécessairement que les travailleurs et travailleuses puissent participer de manière démocratique aux prises de décision qui les concernent. En somme, notre système économique doit être soumis aux règles de la démocratie, et non du capital. Or, cette démocratisation de l’activité économique ne pourra survenir que si elle est revendiquée, tout comme cela s’est fait sur le plan de la démocratisation de nos institutions politiques.

D’ailleurs, la démocratisation de l’économie ne peut se passer d’une lutte continuelle pour accroitre la démocratisation de nos institutions politiques. En effet, l’accentuation du pouvoir des grands acteurs économiques est directement liée à des politiques qui ont favorisé la libéralisation du système économique et financier, au grand dam des travailleurs et travailleuses. La lutte doit donc être menée simultanément sur les deux fronts.

Richard Perron

Pour lire ou relire les autres éditoriaux sur le thème de la démocratie au travail :

– La démocratie au travail (2/3) L’autogestion et l’entreprise autogérée

– La démocratie au travail (3/3) Les rapports de pouvoir dans les groupes communautaires et militants

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