La démocratie au travail (1/3)

Pour une économie plus démocratique

Lorsque nous réfléchissons à l’amélioration de la vie démocratique, nous nous référons presque toujours, non sans raison, aux institutions gouvernementales et municipales. En effet, celles-ci mériteraient plusieurs réformes de manière à faire en sorte que notre système de démocratie représentative soit, justement, moins représentatif et plus participatif, pour mieux répondre aux besoins et aspirations de la population.

Pourtant, nous devrions en même temps nous questionner sur la façon dont se prennent les décisions dans nos milieux de travail puisque cela nous touche beaucoup plus directement et sur une base quasi quotidienne. Nos conditions de travail constituent un thème central de nos préoccupations en emploi. Plus largement, notre degré de capacité à influer les décisions de l’organisation pour laquelle nous travaillons devrait l’être également.

Dans un billet publié en novembre dernier sur le site de l’IRIS, Pierre Ducasse affirme la nécessité de démocratiser l’économie :

« Nous avons tendance à croire que nous vivons dans une société démocratique, alors que, en règle générale, les entreprises fonctionnent selon un modèle autocratique. Et malgré de nombreux changements depuis la révolution industrielle jusqu’à nos jours, le capitalisme n’a pas vraiment changé de nature depuis 200 ans en ce qui concerne les rapports de travail : les rapports entre un maître et les personnes qui lui sont subordonnées » (Lire l’article).

oser-democratie
Source : http://www.rhone-alpesolidaires.org

Pierre Ducasse rappelle des pratiques qui permettraient de démocratiser l’économie, telles que la coopérative de travail, les entreprises autogérées, le modèle de co-détermination, les programmes d’actionnariat salarié, ou encore le modèle des coopératives de travailleurs actionnaires. L’auteur soulève également le rôle essentiel que les syndicats doivent jouer dans la participation accrue des travailleurs aux décisions de l’entreprise.

Revendiquer la démocratie économique

La concentration accélérée de la richesse à laquelle nous assistons à l’ère de la globalisation néolibérale va de pair avec la concentration du pouvoir économique entre les mains d’un nombre de plus en plus restreint d’acteurs. La redistribution inéquitable de la richesse a pour conséquence d’accroitre les inégalités socio-économiques à l’échelle de la planète (Lire à ce sujet l’article La «démocratie économique» reste à conquérir, paru dans Le Devoir le 6 février 2016).

S’attaquer aux inégalités socio-économiques implique nécessairement que les travailleurs et travailleuses puissent participer de manière démocratique aux prises de décision qui les concernent. En somme, notre système économique doit être soumis aux règles de la démocratie, et non du capital. Or, cette démocratisation de l’activité économique ne pourra survenir que si elle est revendiquée, tout comme cela s’est fait sur le plan de la démocratisation de nos institutions politiques.

D’ailleurs, la démocratisation de l’économie ne peut se passer d’une lutte continuelle pour accroitre la démocratisation de nos institutions politiques. En effet, l’accentuation du pouvoir des grands acteurs économiques est directement liée à des politiques qui ont favorisé la libéralisation du système économique et financier, au grand dam des travailleurs et travailleuses. La lutte doit donc être menée simultanément sur les deux fronts.

Richard Perron

Pour lire ou relire les autres éditoriaux sur le thème de la démocratie au travail :

– La démocratie au travail (2/3) L’autogestion et l’entreprise autogérée

– La démocratie au travail (3/3) Les rapports de pouvoir dans les groupes communautaires et militants

Que la réflexion et l’échange d’idées se poursuivent ! Nous vous invitons à commenter ce texte et à le partager s’il vous a plu ou aidé.

3 commentaires sur “La démocratie au travail (1/3)

  1. Excellent éditorial. Le signe par excellence de l’importance démesurée de l’économique, dominant largement le social, le politique, le culturel, l’environnemental, c’est précisément ce fait souligné dans l’éditorial que l’économique n’est pas soumis à la démocratie.
    On doit revendiquer que l’économique soit à sa juste place, et soumis à la démocratie.

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