Éco-urbanisme

La ville : acteur – réseau pour relever le défi écologique

Alors que la contribution des États à la lutte contre les changements climatiques sera au cœur des discussions de la prochaine conférence sur le climat en décembre à Paris (lire l’édito de Lucas Durand du 13 octobre 2015), un autre acteur à ne pas négliger joue un rôle de plus en plus crucial pour répondre au défi écologique : les villes.

Atelier_jardin_CRAPAUD
Atelier dans un jardin du Collectif de recherche en aménagement paysager et en agriculture urbaine durable (CRAPAUD)

En effet, comme l’expliquent Jean Haëntjens et Stéphanie Lemoine dans leur livre «Éco-urbanisme : Défis planétaires, solutions urbaines» paru en septembre dernier, les villes, où réside désormais plus de la moitié de la population mondiale, sont, plus que jamais auparavant, « au cœur des grands défis écologiques, économiques et sociaux ». Pour faire face aux problèmes environnementaux, plusieurs d’entre elles innovent en mettant en œuvre un certain nombre de solutions, par exemple dans les domaines des systèmes énergétiques (solaire, méthanisation, géothermie), des modes de mobilités (vélo, voiture en libre-service, navette fluviale…), des pratiques démocratiques (démocratie participative, ville numérique…), des modèles économiques (localisé, circulaire, sociale et solidaire…) et des formes culturelles (festivals, art urbain…). Elles agissent à l’aide d’un éventail de possibilités en développant leur propre vision de la ville écologique, à partir d’un processus de mobilisation des acteurs politiques, des technicien.ne.s de l’urbain, des gens d’affaires et des agent.e.s économiques, sans oublier les citoyen.ne.s.

En multipliant les expérimentations techniques, urbanistiques, sociétales ou managériales, les acteurs concernés ont su développer des compétences transversales afin de donner une cohérence aux initiatives lancées. Telle est l’approche définie en termes d’éco-urbanisme par les auteurs mobilisés. C’est ainsi qu’à Copenhague, ville de 600 000 habitants, 63 % de la population se rend à l’école ou au travail à vélo (45 % dans la région de Copenhague), ce qui en fait un modèle de ville écologique (voir le reportage de Radio-Canada).

« De la ville objet à la ville des sujets »

Parmi les aspects intéressants du livre, notons le rôle essentiel joué par la participation citoyenne dans l’élaboration de cette vision commune en appelant entre autres au développement d’une économie « ancrée dans son territoire et moins dépendante des aléas de l’économie mondialisée », en relevant le défi de la ville inclusive pour les populations marginalisées ou exclues. Répondre au défi écologique, c’est donc aussi faire en sorte que le plus de personnes soient capables d’agir sur leur propre destinée, ce qui est un préalable à un meilleur contrôle de l’influence que nous exerçons sur notre environnement.

Cela met en lumière l’importance de conjuguer deux formes de lutte : celle contre les changements climatiques et celle contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Il nous faut considérer dans l’analyse non seulement le rapport que les êtres humains entretiennent avec la nature et avec leur environnement immédiat, mais également les rapports sociaux. Nous devons tenir compte des intérêts économiques qui sont en jeu, des rapports de pouvoir qui les accompagnent et des conflits qui opposent les êtres humains les uns aux autres.

Tel que formulé par Murray Bookchin dans l’écologie sociale, il y a là l’idée que les problèmes qui opposent société et nature prennent leur source dans l’évolution même de la société. C’est donc également vers, dans et par le domaine social qu’il faut agir pour penser des solutions. En ce sens, la ville constitue un laboratoire social qui peut offrir des pistes prometteuses vers l’établissement d’une société écologique, pour autant que cela implique une transition vers une société plus juste et égalitaire. Comme l’affirme la journaliste et militante altermondialiste Naomi Klein (Journal des Alternatives, 5 mai 2015) : « Si nous conjuguons justice sociale et action pour le climat, les gens se battront pour cet avenir ».

Richard Perron

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