Voisinage et solidarités de proximité

L’échelle locale : un levier de changement social

Imaginez ! Un beau jour, vous avez besoin d’une perceuse sans fil à angle droit, d’ailleurs probablement pour la seule et unique fois pendant l’année; ou alors vous êtes à la recherche d’une brouette pour effectuer de brefs travaux, mais vous n’avez pas d’espace pour la remiser; ou encore vous souhaitez épater votre amoureux ou votre amoureuse en vous servant d’une machine à crème glacée, sans toutefois savoir si l’expérience sera à répéter. Pourquoi dépenser et vous encombrer d’une foule d’objets dont vous savez que la fréquence d’utilisation sera limitée, alors que vous pourriez les emprunter pour une courte durée et, du même coup, rencontrer de nouvelles personnes et promouvoir vos valeurs écologiques.

Deux initiatives citoyennes relativement récentes explorent cette façon de faire. La première, iCi-Nos-Quartiers, prend la forme d’un «réseau social d’hyperproximité» qui, par le virtuel, vise à recréer du lien social à l’échelle d’un voisinage en permettant aux résidents de plusieurs villes du Québec d’entrer en contact afin d’emprunter et d’échanger des objets gratuitement, et même d’offrir des services. Les instigateurs du projet souhaitent ainsi réduire la surconsommation et accroître le sentiment d’appartenance au quartier grâce à une meilleure connaissance de ses voisins.

La Remise : bibliothèque d'outils
La Remise : bibliothèque d’outils

La seconde initiative a pour nom La Remise et se veut une bibliothèque d’outils située dans le quartier Villeray à Montréal. Cette coopérative de solidarité, gérée par des bénévoles, permet à toute personne qui en devient membre d’emprunter à peu de frais une diversité d’outils, que ce soit pour la rénovation, la menuiserie, la cuisine, le camping, le jardinage, etc. Il est également possible d’effectuer certains travaux dans un atelier à l’aide des outils empruntés ou de profiter d’activités de formation offertes par des bénévoles. L’idée ici est de se rassembler pour mettre en commun ses outils et partager ses connaissances, tout en visant à contrer la surconsommation.

Ces deux projets s’inscrivent clairement dans la mouvance du retour du local observée au cours des dernières décennies. En effet, avec la montée des incertitudes sur le plan environnemental et l’instabilité chronique engendrée par l’économie néolibérale, des citoyennes et citoyens explorent de nouvelles formes d’organisation à l’échelle de la communauté locale, qu’elle soit urbaine ou rurale. Sans pour autant se détourner d’enjeux plus globaux, de plus en plus de gens agissent collectivement en considérant le local comme le point d’ancrage de projets qui leur permettent de façonner leur milieu de vie selon leurs propres aspirations. En somme, penser le vivre ensemble autrement à l’échelle locale en tissant des liens avec ses voisins et en mettant en commun les outils de la communauté : une belle façon de faire un pied de nez à l’anonymat, à l’individualisme et à la société de consommation.

Richard Perron

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