Déserts alimentaires à Montréal

Des fruits et légumes qui transforment le monde

Près d’un demi-million de personnes au Québec n’ont pas accès à une épicerie à moins de 15 minutes de leur résidence, révélait un reportage de l’émission L’épicerie sur les ondes de Radio-Canada le 18 février dernier.

Tous ces gens habitent dans ce que l’on appelle des déserts alimentaires, c’est-à-dire des zones géographiques dépourvues de commerces où sont vendus des aliments sains tels que des fruits et légumes frais. Or, une alimentation qui inclut ce type d’aliments est reconnue comme un facteur de protection contre les maladies chroniques.

Inégalités sociales de santé

Dans son Étude sur l’accès aux aliments santé à Montréal effectuée en 2004, puis reprise en 2010, la Direction de santé publique (DSP) de Montréal a pu démontrer que depuis 2004, les données demeurent inchangées : 43 % des Montréalais ont une offre nulle ou négligeable de fruits et légumes frais à une distance de 500 mètres de leur résidence.

Cette situation concerne plus du tiers des personnes sous le seuil de faible revenu. Cela représente un défi supplémentaire pour cette couche de la population plus défavorisée qui, n’ayant pas les moyens d’aller faire l’épicerie en voiture, se voit privée d’un accès à des aliments sains à distance de marche.

MAC-mobile
Marché mobile (Marchés Ahuntsic-Cartierville)

Mobilisations citoyennes

Pour contrer ce phénomène, une multitude d’initiatives locales ont vu le jour dans les dernières années sur le territoire montréalais. Ces initiatives permettent du même coup de favoriser un rapprochement entre producteurs et consommateurs, et de s’attaquer aux défis environnementaux liés aux impacts du système alimentaire dominant, comme le montre l’étude La démarche d’innovation des marchés de quartier de Montréal : vers une transition socio-écologique du système agroalimentaire.

En plus des marchés de quartiers, la concertation citoyenne a permis de mettre en œuvre une variété de solutions alternatives telles que des marchés ambulants, de mini-marchés intérieurs, des kiosques maraîchers, des jardins collectifs, des jardins citoyens, une fruiterie sous forme d’entreprise d’économie sociale, une épicerie communautaire, une coopérative de solidarité de distribution alimentaire, etc.

Au-delà de l’enjeu de sécurité alimentaire qui est au cœur de ses projets, les citoyens qui les portent partagent également une vision de transformation de la société. Repenser notre rapport à la consommation d’aliments autrement que par le seul rapport marchand ; être solidaires autant des familles urbaines que des familles de producteurs ; avoir plus de contrôle sur ce que nous mangeons ; devenir nous-mêmes acteurs dans la chaîne de production, de transformation, de distribution ou de commercialisation des aliments ; considérer l’alimentation comme un bien commun auquel tous devraient avoir accès. Voilà autant de projets citoyens inspirants qui invitent à voir l’alimentation d’un autre œil !

Richard Perron

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