Une charte à nature excluante…

Encore des fractures artificielles pour alimenter l’exclusion…

Si nous portons notre regard plus loin que les positions discutables énoncées de part et d’autre : la grosseur des signes ostentatoires ; tout accepter ou ne rien accepter ; refuser la différence ou accepter toutes les propagandes avec ou sans symboles. Force est de constater qu’une fois de plus, pour des raisons partisanes, l’État incite aux divisions, aux fractures sociales…

Nous ne pensons pas qu’au PQ avec sa Charte des valeurs clairement conçue pour flatter « dans le bon sens du poil » une partie de la population. Nous pensons aussi au PLQ qui profite de cette plate forme en or pour fidéliser encore plus son électorat anglophone et allophone, pourtant gagné d’avance. La CAQ hésite fondamentalement pour les mêmes raisons : quelle position se doit-elle d’adopter afin de gagner des votes ? Nous pensons enfin aux partis fédéraux. De tous sans exception. Aucun ne se gêne pour attiser les divisions, peu importe les conséquences sur la population.

Certes, définir un ensemble de valeurs fondamentales et de principes moraux constitue un enjeu central pour la construction et l’adhésion à une identité tant nationale que sociétale. Imposer par le haut, au nom d’une laïcité meublée de références religieuses, des modalités d’accommodement et surtout ce qui relève de l’acceptable et surtout de l’inacceptable, est fortement questionnable.

Les bien pensants auraient pu ouvrir la question au débat, favoriser un dialogue au sein de la population.  Évidemment, le PQ a concocté sa proposition dans la discrétion, laissant planer les doutes, favorisant les « sorties calculées de son projet », ce qu’évidemment les autres partis ont utilisé pour mieux guerroyer entre eux.

Il semble que le PQ ne reculera pas cette fois-ci. Pas plus qu’il n’a reculé sur la question de ses politiques concernant les bénéficiaires de l’aide sociale. Dans les deux cas, il mise sur l’exclusion politique ou économique pour faire des gains en préparation d’une prochaine élection.

Pour toutes formations confondues, gagner des votes en divisant et en mentant, est-ce ça « faire de la politique autrement »? Certains politiciens diront qu’il leur suffit d’inclure dans leurs positions juste assez de contenu démagogique pour gagner l’adhésion du nombre requis… Et ce, peu importe l’effet dévastateur de telles propositions sur la  population en général. Agir ainsi relève de la politicaillerie.

Et la démocratie dans tout cela ? Laquelle exige de libérer la parole, d’être attentif aux points de vue minoritaires ou discordants, de proposer des discours clairs, des contenus ouverts et non ambigus, des processus permettant une construction éclairée et éclairante des politiques publiques ? Aucun parti politique au Québec, souverainiste ou fédéraliste, n’arrive vraiment à s’inspirer de l’idéal démocratique pour faire de la politique autrement. C’est pourtant à leur portée et à la notre. C’est si simple et si facile!

Réjean Mathieu et Jean-Marc Fontan

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