Inukshuk (à l’image de l’homme)

Inukshuk – Nos liens avec ceux et celles qui nous ont précédé…

On ne peut pas refaire l’histoire comme on ne peut pas changer notre passé. Les injustices commises contre les Premières Nations peuvent cependant être reconnues (c’est la première étape d’une réelle réconciliation), elles doivent recevoir de justes compensations si possible (2e étape), pour enfin faire l’objet d’une transformation radicale de nos attitudes et comportements actuels (3e étape).

Les Premières Nations, sans agir comme « propriétaires », (notion étrangère à leur vision des choses), occupaient des territoires sur lesquels elles avaient des droits (ceux de premiers occupants). Or, elles ont été souvent traitées par les Européens comme des « espèces négligeables » dont on pouvait nier les droits. Cette première spoliation a pris diverses formes selon les colonisateurs, variant d’alliances plus formelles (rares) jusqu’à des expulsions sans retenue (générales).

Elle fut suivie de deux grands moments de rupture dans le développement des peuples autochtones. La première rupture, on la reconnait dans leur assujettissement à la Loi des Indiens, toujours en vigueur et toujours largement porteuse d’une véritable philosophie de type apartheid. Ce qui permet au gouvernement canadien de permettre l’exploitation sans vergogne de mines et autres développements en territoires autochtones aux dépens de la nature, des plantes, de l’eau, etc. Il sera intéressant de revenir sur les effets de cette loi dans un prochain éditorial.

La seconde rupture fut celle de la création des pensionnats autochtones et de l’immense tentative d’assimilation qu’ils représentaient.  Ces pensionnats, (10 au Québec sur un total de 1 349 au Canada), financés par l’État canadien et gérés par des églises qui y voyaient une façon de compenser pour leurs difficultés de financement en milieu autochtone, permettaient de « sortir les enfants autochtones de leurs familles ». Pis encore, on y a recensé bon nombre d’abus, voire d’agressions, que la Commission nationale de réconciliation tente de reconnaitre et de compenser.  Ces pensionnats ont été graduellement fermés par le gouvernement à compter des années ’60 jusqu’au dernier en 1996. Comme après beaucoup d’autres « erreurs historiques reconnues », on y récolte également d’autres injustices comme l’amalgame fait spontanément de beaucoup de gens d’églises aux malversations de quelques-uns ainsi que la responsabilisation de membres de communautés religieuses actuelles pour des erreurs ou fautes commises par d’autres antérieurement. On reviendra également sur cette question dans un autre éditorial.

La Loi des Indiens a créé des structures de gouvernance souvent inefficaces et surtout en négation de réelles autonomies pour ces peuples déjà tellement opprimés. Avec le mouvement des femmes autochtones qui tentent d’agir à l’intérieur des Premières Nations, avec le mouvement « Idle No More » qui revendique une reconnaissance concrète et renouvelée de leurs droits, avec l’action essentielle des Centres d’amitié autochtone dans un grand nombre de villes du Québec et du Canada, on en arrive maintenant à la nécessité de penser à de nouveaux principes de gouvernance qui reconnaitraient – enfin – les droits des Premières Nations.

Réjean Mathieu

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