Échange des savoirs…

Mobilisation et échange des savoirs

On comprend facilement que personne n’est compétent dans tous les domaines. J’ai besoin des connaissances de plombiers, d’électriciens, de menuisiers, etc. Comme eux peuvent également avoir besoin de travailleurs sociaux, de psychologues, de sociologues, etc.

Cette vision est spontanée et très compartimentée à la fois. On n’a pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre que « à chacun selon son métier et les vaches seront bien gardées »…

Les humains développent des connaissances dans plusieurs domaines de la vie : le savoir est pluriel et ne se limite pas à un métier ou à une profession. Il est défini comme : « Ensemble des connaissances d’une personne ou d’une collectivité acquises par l’étude, par l’observation, par l’apprentissage et/ou par l’expérience. » (TLFI ou Trésor de la langue française informatisé)

Personne n’est QUE son métier. Chacun et chacune a des connaissances acquises par l’étude, bien sûr, mais aussi par l’expérience, par son environnement, par la mise en rapport réflexive de divers domaines de son vécu, par ses lectures, etc. Dans cette perspective, on comprendra que le croisement des savoirs constitue une richesse multiplicatrice. Comme le précise ATD Quart Monde : « La démarche de croisement des savoirs et des pratiques repose sur un a priori à la fois éthique et épistémologique : toute personne, même la plus démunie, détient potentiellement les moyens de comprendre et d’interpréter sa propre situation. C’est l’analyse du vécu des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion qui est le point de départ d’une construction de savoirs croisés. » (http://www.atd-quartmonde.org/Le-croisement-des-savoirs-et-des,56.html)

Ainsi, en prenant l’exemple de l’intervention de Paroles d’excluEs dans le quartier Maisonneuve, on comprendra que l’apport des étudiantEs et des professeurEs n’a de sens que si on part du savoir des personnes qui ont vécu ou vivent encore une situation de pauvreté, d’exclusion : ces personnes ont un savoir que je n’ai pas et n’aurai jamais. Quelles que soient mes études, mes lectures, mes réflexions, mon savoir de ces situations aura toujours une connotation intellectuelle. Par contre, ce que j’y apporte est également valable dans la mesure où je saurai élargir mes connaissances, les relier entre elles, les compléter par une réalité plus globale. C’est également le cas pour les intervenantEs terrain : leur savoir est très important et unique dans la mesure où ils ou elles apportent une capacité de mesurer les enjeux, les défis et de les convertir en action transformatrices.

Terminons par un autre extrait d’ATD Quart Monde :

« Il s’agit en fait d’une fécondation réciproque. Chacun des partenaires de l’échange apporte à l’autre les éléments d’une production et d’une transformation de son propre savoir. Il ne s’agit pas de plaider pour un savoir unique et uniforme, sorte de synthèse des différents types de savoirs. Chacun existe comme acteur et auteur à part entière de sa propre pensée et de son action, comme détenteur d’un savoir reconnu par les autres acteurs. » (http://www.atd-quartmonde.org/Le-croisement-des-savoirs-et-des,56.html)

Réjean Mathieu

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