Le Règlement P6

La ville, la police et les espaces publics

L’actualité ramène plus que jamais le débat sur le règlement P6 de la Ville de Montréal. Selon les journaux, l’opposition condamne le dit règlement, tout comme les mouvements sociaux actifs dans la contestation de la répression policière.  Projet Montréal serait sur le point de proposer son abrogation sur la base du constat qu’il envenime la situation au lieu de contribuer à la paix sociale. De façon générale, on souligne l’importance de viser un juste équilibre entre « le droit de manifester et le droit à la sécurité publique » (Louise Harel).

À l’opposé, la question des casseurs et du vandalisme est par ailleurs soulevée par les tenants de ce règlement. On parle de « prévention nécessaire », de l’importance de « reprendre et garder le contrôle » (Stéphane Lemieux, assistant-directeur au SPVM).

À mon sens, il faut bien distinguer les deux questions, sans que l’atteinte de l’une empêche l’atteinte de l’autre.

http://www.jetsdencre.asso.fr/sos-censure/
http://www.jetsdencre.asso.fr/sos-censure/

Ainsi, les espaces publics doivent précisément l’être : ils doivent appartenir à la population, qu’il s’y sente à l’aise, qu’il puisse les utiliser… Que ce soit pour circuler, flâner, pour les échanges de toutes sortes, pour les diverses créations qui ornent la vie urbaine, pour s’exprimer, pour contester, pour manifester, et

c. Comme l’a si bien dit Kim Decker aux communications à la ville de Vancouver, les espaces publics doivent constituer des moteurs du vivre-ensemble. Ils doivent contribuer à « créer des liens entre les citoyens et leurs communautés ». Si on privilégie leur utilisation pour les créations de toutes sortes, ils peuvent aussi être utilisés pour d’autres modes d’expression : contestation sociale, manifestation populaire, etc.

La question des casseurs et du vandalisme doit être résolue pour ce qu’elle est. On doit sanctionner les actions violentes qui empêchent l’expression réellement populaire « lorsqu’elles se posent » et non en brimant la liberté d’occuper en soi et pour soi les espaces publics. Le tout en s’assurant que l’acte policier se fasse dans le respect des droits des personnes et en suivant des règles de base d’utilisation équilibrée de la force.

Réjean Mathieu 

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