La souveraineté alimentaire…

Un pas dans la bonne direction – reste du travail à faire…

Le ministère de l’Agriculture, Pêcheries et Alimentation du Québec (MAPAQ) travaille de concert avec les acteurs du milieu à l’élaboration d’une politique de souveraineté alimentaire. Si le plan de travail se déroule comme prévu, le projet se concrétiserait à l’automne 2013. En termes d’étapes à franchir, deux éléments centraux sont indiqués sur la page Internet du ministère. De un, l’objectif est de finaliser le contenu de la politique. De deux, pour y parvenir, l’objectif préalable est de maintenir les efforts de concertation afin de compléter cette politique par un plan d’action. images

Pour unE néophyte, il devient intéressant de cerner les contours de ce que le MAPAQ entend par « souveraineté alimentaire ». Pour ce faire, nous avons comparer l’énoncé présenté par le ministère sur sa page Internet avec ce qu’il est entendu par souveraineté alimentaire par l’organisation qui a fait naitre l’idée : La Via Campesina. Dans le bulletin Nyéléni produit le 13 mars 2013 par l’organisme éponyme, nous observons des éléments de convergence et de divergence entre les deux façons de concevoir et de présenter la souveraineté alimentaire.

La convergence tient à la présence de la dimension politique. Pour le ministère, cette présence du politique est incarnée par le statut de l’agence et la nature de son projet : produire une politique gouvernementale cadre sur la souveraineté alimentaire. De façon paradoxale, l’intention politique du gouvernement minimise la « dimension politique de la souveraineté alimentaire » : les questions des droits à respecter et des luttes à mener ou à appuyer pour contrer la pauvreté et l’exclusion sont occultées. À l’inverse, la proposition élaborée en 1996 par La Via Campesina, une organisation de la société civile, affirme avant tout la dimension politique de l’expression en en faisant un outil de lutte et de résistance pour atteindre un vivre ensemble respectueux des droits, une société inclusive et plus égalitaire.

La divergence observée fait clairement apparaitre la contradiction ou le paradoxe du « cordonnier mal chaussé ».   L’État québécois aborde timidement la question du politique, sur le bout des dents, pour ne pas déranger et pour protéger les grands acteurs présents : comme assurer la survie de la bannière « Metro » (voir l’étude de Dupont et L’Italien de l’IREC). Si de telles institutions sont importantes, comme le démontre l’IREC, leur survie ne constitue pas l’enjeu central, et cet enjeu s’inscrit dans de grandes orientations fondées sur le respect des droits, la lutte contre la pauvreté et une société inclusive. Si l’on veut vraiment respecter le sens premier donné à la « souveraineté alimentaire », ses orientations devraient apparaitre tant dans les premières lignes de la future politique que dans le plan d’action qui en découlera.

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