Débat sur l’allocation universelle

L’allocation universelle, solution d’avenir ou utopie dangereuse ?

http://zisyadis.com/2010/04/12/pour-une-allocation-universelle-suffisante-pour-vivre/
http://zisyadis.com/2010/04/12/pour-une-allocation-universelle-suffisante-pour-vivre/

Dans un contexte où l’esprit du providentialisme s’éclipse au profit du moralisme – enquêtes sur les prestataires de l’assurance emploi et coupe auprès de prestataires de laide sociale – se pose à nouveau la question de l’allocation universelle. Il s’agit d’un débat très présent dans les années 1990 que reprend Jean-Marc Ferry sur son blog. Il fonde l’allocation universelle sur le principe du transfert des richesses créées par le marché. Un transfert qui permettrait de refonder nos systèmes économiques en leur donnant une finalité plus sociale :

C’est en cela que l’allocation universelle pourrait permettre le redéploiement de l’économie vers des activités socialisantes. Elle pourrait en effet servir à favoriser le décollage de secteurs d’activités non mécanisables (eux seuls échappant à l’automatisation), personnelles et autonomes. C’est ce que j’appelle le secteur d’activités quaternaires. En regard de considérations historiques (tout le monde a contribué au progrès et il n’est pas juste que seule une minorité profite des avantages qu’il a générés), il semble logique que l’allocation universelle soit financée par des prélèvements sur les entreprises. À long terme, on peut escompter que l’allocation universelle ne se limitera pas à être un revenu social, mais qu’elle sera aussi un investissement économique à part entière. En effet, si l’on suppose le développement du secteur quaternaire, la question de l’investissement économique s’avérera centrale puisque cet investissement devra anticiper sur les revenus à venir de ce secteur. L’idée est que l’allocation universelle est un filet qui permettra à l’individu de prendre quelques risques financiers, dans la mesure où elle permettra de réduire la précarité sociale. Les banques pourraient en ce sens jouer un grand rôle dans ce processus en favorisant le crédit. De manière générale, on peut dire que l’Europe pourrait servir de laboratoire dans le développement du quaternaire. (http://users.skynet.be/sky95042/plaidoye.html)

Il s’agit certes d’une proposition à prendre en considération puisqu’elle repose sur le respect des droits des personnes et des communautés à vivre décemment. Reste à voir l’applicabilité du principe. Au moment où l’État est de plus en plus déconnecté du providentialisme et qu’il soumet naïvement ses capacités de régulation aux logiques de bonne et saine gestion, nous pouvons nous demander comment si l’État, tel que défini présentement, serait en mesure d’implanter un tel système.

Pour permettre une allocation universelle, il faudrait combiner au moins trois éléments :

  • Une capacité de produire de la richesse au niveau nécessaire pour permettre une allocation universelle à toutes les personnes qui en ont le besoin ;
  • Une responsabilisation des citoyens face à un système fondé sur un solidarisme universalisé ;
  • Une capacité de l’État de capter les surplus nécessaires.

Si les deux premiers éléments représentent un enjeu de taille, il est clair que le troisième n’est en rien évident. Dès qu’il est question de capter la rente des nantis pour en socialiser l’utilisation, nous voyons se déployer tout un arsenal de pressions sur les élus qui plient rapidement et finissent par renoncer. Il est beaucoup plus aisé pour l’État de déployer des mesures de contrôle auprès des personnes pauvres et exclues que d’amener les personnes riches et nanties à quitter le confort du royaume de l’hyper abondance ! Pour y parvenir, il faudrait repenser notre rapport au politique. Un rapport qui aurait avantage à se draper d’un pavillon orné de vert et de noir ; à proposer des actions musclées ; à renouer avec une fonction régalienne liée aux droits et aux responsabilités ; à se configurer à partir d’une vision d’un développement socioéconomique fondé sur une vision du progrès autre que celle portée par les élites actuelles. Un rapport au politique à calibrer différemment ; à définir sous des nouvelles formes organisationnelles et institutionnelles

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