Des droits distincts

Des droits distincts

Mario Hamel (décédé le 7 juin 2011) et Farshad Mohammadi (décédé le 6 janvier 2012) ont été abattus par des agent-e-s du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Sans nous attarder sur les circonstances entourant leur décès, rappelons que ces deux hommes avaient en commun d’être itinérants.

Le 27 novembre dernier à Longueuil, des policiers sont à la recherche d’un homme indiquant qu’il se suiciderait s’il ne trouvait pas de lit à l’« Abri de la Rive-Sud », un organisme qui accueille des personnes itinérantes. À leur arrivée sur les lieux, les policiers demandent à consulter sans mandat les dossiers confidentiels de l’organisme, ce qui leur est refusé par un intervenant bénévole de 61 ans. Ce dernier s’évanoui temporairement après avoir été plaqué au sol. L’humérus fracturé et l’épaule disloquée, il a passé trois jours à l’hôpital pour d’importantes chirurgies à l’épaule et l’insertion de deux plaques de métal dans le bras.

La brutalité policière est le lot quotidien pour nombre d’itinérants. Y-a-t-il personne plus vulnérable ? Plus pauvre ? Plus exclue ? L’itinérant est le miroir inversé de la réussite sociale. Heureusement, des groupes communautaires comme le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) leur viennent en aide. Pas étonnant que cet organisme ait tenu le 29 novembre 2012 un forum sur les abus policiers (Opérations Droits devant !).

En avril 2012, suite à des coupures du gouvernement Harper, le RAPSIM a perdu 20 % de son budget. Dans le foulée des compressions, pour 2012-2014, le RAPSIM a vu disparaître la part de son financement issu de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI). C’est « du jamais vu dans toute l’histoire du financement de la SPLI[1] » indique le RAPSIM.

Brutalité policière et coupures financières sont des exemples de réponses données par des institutions clés de notre société aux personnes en situation d’itinérance. Lutter contre l’exclusion passe par la reconnaissance et le respect des droits sous toutes leurs formes. Faire de notre société une société inclusive est plus que jamais une nécessité.

Mathieu Lévesque


[1] Mémoire du RAPSIM déposé à la commission populaire itinérante du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)       http://www.rapsim.org/docs/memoire%20du%20RAPSIM%20com%20pop%20frapru%20nov%202012.pdf

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