As-tu deux minutes ?
Légaliser l’égalitarisme ou rendre illégale les inégalités ?
Légaliser “l’arichesse et l’apauvreté” ou rendre illégale le couple « richesse @ pauvreté » ?
17 Octobre 2011, journée internationale de la pauvreté, réflexion de type passage obligé sur un phénomène historique et culturel rappelle Majid Rahnema dont on pourrait ironiquement dire que sa disparition est prévue au lendemain de la fin du monde !
Plus sérieusement, comment faire sans pauvreté ?
Selon Ricardo Petrella, il s’agirait de rendre illégaux les facteurs qui créent l’appauvrissement et l’exclusion : Déclarer illégale la pauvreté c’est déclarer illégaux les facteurs et les mécanismes qui au niveau des lois, des institutions et des pratiques sociales collectives engendrent et renforcent les processus d’appauvrissement et d’exclusion.
En d’autres mots, identifions et revisitons les bases et les fondements de notre système civilisationnel et nous serons en mesure de mieux comprendre ce qui cause la pauvreté et l’exclusion. De sa machine économique à son appareil politique, la modernité capitaliste produit au jour le jour de la grande richesse pour un nombre réduit de personnes et de plus en plus de pauvreté pour un nombre toujours grandissant d’individus, de groupes et de communautés…
Revoir de telles bases demande certes de transiger par la question des droits, sous toutes leurs formes (voir l’article de Pierre Sané, mais aussi et surtout d’agir collectivement pour construire de nouvelles modalités pour subsister et pour être en relation conviviale avec autrui. De le faire de telle sorte que ces nouveaux arrangements institutionnels puissent répondre à cette soif insatiable de l’humanité de voir s’améliorer ses conditions de vie sans pour autant sacrifier l’égalité, l’altérité, la solidarité et l’écologicité.
Individuellement et collectivement, prendre cette direction implique et signifie d’ajouter à notre prise deParole le choix de dire non « aux imaginaires éthiquement inacceptables ». Pour arriver aux fins recherchées, nous devrons apprendre à dire NON à toutes les possibilités d’avancement dans et par des formes de progrès, les fameuses tentations du diable, qui reposent fondamentalement sur les principes de la prédation, de l’aliénation, de la marginalisation, de l’exploitation, de l’exclusion ou de l’oppression.
Étonnamment curieux de voir le nombre élevé de motions différentes pour qualifier l’inacceptable !
Bonne nouvelle, monsieur Samuelson…
La bourse connait des soubresauts inquiétants. Aucune inquiétude, les barons de la finance ont la situation sous contrôle !
Les gaz de Schiste sont une avenue énergétique intéressante pour l’économie québécoise. Aucune inquiétude quand à leur développement, M. Bouchard s’occupe de tout !
Les inégalités sociales ne cessent de prendre de l’ampleur. Aucune inquiétude, le Conference Board du Canada veille sur la situation !
Si l’inquiétude n’a plus sa place, aux dires de bien-pensants, comment expliquer que nous n’en soyons pas moins inquiets ?
Il importe donc d’être réaliste :
- la turbulence boursière nous indique clairement que le mode d’enrichissement dominant est suicidaire à long terme au plan civilisationnel ;
- le gaz de schiste trouve facilement son chemin en dehors des canalisations qui lui sont réservées ; ils nous indiquent clairement, à notre détriment, que l’enfermement ne les intéresse pas ;
- les inégalités façonnent au jour le jour les contours de la paupérisation et de la marginalité ; elles font preuve de transparence quand aux processus qui les mettent en scène…
La bonne nouvelle tient à peu de choses. Il n’y a aucune raison de penser que nous soyons naturellement sourds, aveugles, muets et insensibles. Nous le sommes culturellement car l’évidence, nous la sélectionnons au gré de nos intérêts. Aucun motif valable ne permet d’accepter l’inacceptable. Pourtant, nous le faisons.
Il se cache donc une bonne nouvelle derrière le fait que la question de l’inacceptable acceptabilité puisse facilement être revue et corrigée. Il s’agit tout simplement de pouvoir changer notre regard sur le monde qui nous entoure afin d’observer les contours d’une myopie largement alimentée par l’absence de volonté de penser avec lucidité et d’agir dans la solidarité.
La droite, la gauche et les médias
Pour la déconstruction d’un discours pas très constructif
Par Nicolas Gauthier
«Ceque le RLQ a offert, aujourd’hui, c’est un endroit pour que soient présentés des points de vue différents du discours convenu et usuel normalement présenté par les médias traditionnels. Il est primordial qu’une véritable démocratie s’exerce et que les citoyens reçoivent et entendent tous les courants de pensée».
Vous croyez que cette phrase provient d’un colloque portant sur les médias alternatifs et la sous représentation de la gauche dans les médias de masse? Détrompez-vous, il s’agit d’un argumentaire porté par l’autre bout du spectre politique, celui incarné dans un nouveau mouvement visant à unifier la droite au Québec, le Réseau Liberté-Québec. Ce groupe, apparu en septembre dernier afin de réunir les « forces vives » de la droite québécoise sous forme d’organisation à but non lucratif, a tenu son congrès dans la fin de semaine du 23-24 octobre afin de lancer le bal. Il s’identifie comme un « organisme sans but lucratif visant à favoriser le réseautage de tous les Québécois qui partagent des idéaux de liberté et de responsabilité individuelles » (Site Internet).
Ce qu’il y a de frappant avec le discours de cette organisation, c’est sa similitude avec certains mouvements de gauche qui réclament (avec raison je crois) une place plus importante de l’espace médiatique, dénonçant les intérêts corporatistes de grands propriétaires de journaux et leur penchant pour le sensationnalisme et la ligne politique libérale. Pourquoi alors ce nouveau groupe dénoncerait la faiblesse de leurs visions dans les médias? S’il est vrai que le Québec a un penchant social-démocrate plus fort comparativement aux autres provinces du Canada et des ÉU, il est fort douteux de croire que le point de vue libéral (au sens d’une plus grande place à la « liberté » des marchés) n’est pas assez représenté dans les médias. Au niveau politique, nous pouvons également constater que la droite se porte bien avec les forces libérales québécoises (au sens du PLQ), le virage « centre-droit » récent du PQ et d’un parti conservateur fédéral qui n’arrête plus d’être des conservateux de droite…
Autre chose qui est frappant, c’est l’argumentaire classique de ce groupe, qui réclame moins d’État, plus de liberté, donc un développement économique « débarrassé de l’influence des syndicats et des environnementalistes ». À les entendre, on se revoit au début des années 1980 avec Reagan et Tatcher qui mettent en application des politiques entraînant l’économie mondiale vers le néolibéralisme avec son cortège de privatisation et de déréglementation. Le débat a lieu au Québec depuis 30 ans (par exemple récemment entre les « lucides » et les « solidaires ») et les politiques de déficit zéro ont été appliquées dans les années 1990. Ont a tous remarqué que le gouvernement libéral pousse à grand pas depuis une décennie les infrastructures sociales au bord du gouffre. Parallèlement, nous entendons les cris d’alarme lancés face à la crise de la biodiversité; nous pouvons constater un quasi-unanimisme scientifique existant face aux changements climatiques; nous voyons l’écart de richesse entre riches et pauvres de la planète décuplé avec l’impact des accords de libre-échange caractérisant la globalisation actuelle de l’économie… Et voilà un groupe qui trouve qu’il n’y pas assez de place dans la société pour le libre-marché, que ces gens sont martyrisés par la gauche québécoise et que celle-ci empêche un véritable déploiement de la « richesse collective » empêchant à notre société de se développer dans une meilleure liberté de choix.
Le débat entre les signataires d’un Québec lucide et ceux d’un Québec solidaire est-il pour autant un faux débat? Certainement pas. Mais il devrait se jouer avec des faits, et nous devrions distinguer les valeurs à mettre de l’avant dans ces discours qui viennent parfois biaiser ces faits. De grâce, évitons de tomber dans le piège des fausses idées quant à l’accusation de la gauche étant à l’origine d’une inéquité intergénérationnelle qui fait payer les jeunes pour le modèle « gauchiste » instauré par leurs parents. Pris de cette façon, l’investissement de l’État Providence québécois n’aurait donné aucun résultat valable. Le modèle bureaucratique et centralisé de l’État-Providence doit être questionné, certes. Il doit être cadré dans son contexte sociohistorique, une période expansionniste liée à la surconsommation de l’après-guerre avec une surexploitation des milieux naturels, où le nord devient plus égalitaire avec une (relative) meilleure santé publique, mais encore et toujours au dépend des populations du sud et de leurs ressources. Le discours populiste actuel des tenants du Réseau Liberté-Québec risque cependant de polariser encore plus le débat entre la traditionnelle division « tout à l’État » et « tout au marché », faisant en sorte que les partisans étatistes ne seront même plus capables de critiquer leurs propres erreurs tant ils seront occupés à rétorquer idéologiquement au camp de droite, alimentant ainsi un discours schizophrénique qui empêche les questions de fonds.
À titre d’exemple, quelle place nous reste-t-il pour réfléchir à la solidarité non marchande, l’économie informelle et la question d’une croissance économique infinie dans un monde ayant des limites écologiques bien réelles? Y’a-t-il moyen de parler d’économie en y intégrant d’autres aspects que la circulation de la monnaie et des marchandises? Est-ce que le marché pourrait se baser sur d’autres prémisses que l’intérêt personnel à maximiser ses profits (et nous voir comme étant autre chose que des homo economicus)? Y a-il moyen de réduire le poids de l’État sans pour autant s’en remettre uniquement au secteur privé? Est-ce que le PIB est un indicateur économique valide, ou le développement devrait passer par d’autres valeurs? Bref, pouvons-nous éviter de laisser à la droite le soins de récupérer le consumérisme responsable et la croissance verte et s’aventurer plus loin dans notre réflexion sur un modèle de société différent?
Dans un contexte où la confrontation des idées gauche-droite sur la scène publique est plus que jamais nécessaire pour capter l’intérêt citoyen et stimuler son animal politique, il ne faudrait pas oublier de mettre de l’avant ces questions fondamentales pour éviter les débats émotifs et stériles. Il faut bien-sûr se rappeler que les opinions sur les meilleurs modèles de société à venir ne sont pas issus d’une boule de cristal. Ils restent dans le domaine de l’hypothèse entre tels modèles ou tels autres. Si ces modèles n’ont d’autres choix que de s’articuler à partir d’une priorisation de valeurs (par exemple entre plus de coopération face à la compétition, entre plus de domination ou son abolition sous toutes ses formes), il faudra le faire à partir de choix philosophiques et politiques, pas seulement comptables. Mais il y a également des faits à prendre en compte afin d’engager la conscience éthique citoyenne sur un terrain plus éclairé, consciente d’elle-même et capable de percevoir les biais médiatiques, populistes et scientifiques. Cette attitude va nous permettre d’être à l’affût des tentatives d’instrumentalisation des faits.
C’est donc uniquement dans cet esprit dialectique que j’accepterai de dialoguer avec cette « droite », afin bien-sûr de lui prouver comment la gauche à raison… même si ça implique que je devrai écouter en contrepartie ce qu’elle a à me dire.
2011 Année européenne de la grande richesse – l’illusio d’une bonne conscience
2010 est l’année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Cette thématique a été choisie car la pauvreté et l’exclusion portent atteinte au bien-être des individus, à leur faculté de participer à la vie de la société. L’Union veut réaffirmer l’importance de la responsabilité collective dans la lutte contre la pauvreté, ce qui engage non seulement les décideurs mais aussi les intervenants des secteurs public et privé. L’Année européenne va notamment s’attacher à donner la parole à ceux qui vivent au quotidien la pauvreté et l’exclusion sociale. (http://ec.europa.eu/france/news/evenements/2010-pauvrete-exclusion/index_fr.htm)
2010, Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion se termine, l’Europe pourra enfin respirer : 2011 pourrait être l’année de la grande richesse. En décembre prochain, l’émoi se lira sur toutes les lèvres lorsque l’Union fera état de sa volonté de lutter contre ce qui nuit au développement de la grande richesse. Enfin, les grands riches ne seront plus bafoués.
Par cette décision, l’Union affirmera sa volonté de lutter contre toutes les formes de discrimination à l’égard de personnes vivant en situation de grande richesse. Les actions pour favoriser l’enrichissement individuel auront enfin droit de Cité au Parlement européen. « Nous avons une responsabilité collective à l’égard des riches », pourrons-nous lire dans le communiqué qui sera livré aux grands médias par les représentants de l’Union. L’Année européenne 2011 permettra de renouer avec le rêve d’une société où l’abondance des uns n’aura rien à envier avec l’opulence des autres.
Difficile de penser à quelle cause l’Union réservera l’année 2013. Superstitieux, soyez sur vos gardes…
Être satirique, comme je viens de le faire, est relativement facile. Je suis loin d’innover en caricaturant le fait de consacrer une année, un mois, une semaine ou une journée à une cause sociale.
Somme toute, il convient de se poser la question suivante : en quoi les actions proposées par l’Union pour l’année 2010 peuvent-elles changer la situation ?
Penser qu’une simple campagne de sensibilisation et de prise de conscience pourrait modifier la donne, c’est mal connaitre le problème auquel l’Union s’attaque. Penser ainsi, revient à ne pas reconnaître que la lutte à la pauvreté implique une lutte contre la production de rareté qu’engendre l’enrichissement.
L’enrichissement, disons les choses telles qu’elles sont, constitue la pierre angulaire de l’esprit capitaliste moderne. Devenir riche ouvre la voie au paradis terrestre. N’en déplaise aux différentes Églises prônant un avenir meilleur dans l’au-delà. Être riche c’est miser sur l’instant présent pour satisfaire des désirs tout aussi présents. Aussi simple que cela : « mieux vaut un que deux tu l’auras ! ».
Le travail sur le terrain auprès de personnes en situation de pauvreté ou d’exclusion sociale, comme nous le faisons auprès du projet de mobilisation par le logement social sur l’Avenue Pelletier à Montréal-Nord nous montre à quel point il est difficile de lutter contre la pauvreté sans lutter contre la richesse.
Lutter contre la pauvreté, c’est déconstruire les mécanismes de mise en rareté qui se traduisent par le non accès à du logement de qualité, à une sécurité publique de base, à un travail décent, à des activités culturelles appropriées, à des institutions de proximité qui soient fonctionnelles : école, police, santé, politique…
Lutter contre la pauvreté, c’est construire des mécanismes permettant aux individus pauvres, aux familles pauvres, aux communautés pauvres d’exercer leurs droits individuels et collectifs.
Une telle lutte demande aux nantis de dire non à ce qui bloque, ce qui freine, ce qui met de côté, ce qui marginalise, ce qui exclu, ce qui fait rare.
Elle demande de tourner le miroir et de regarder le mal en face.
Et si le rêve existait ! - édito incomplet à commenter
novembre 2010
L’union européenne est l’une des zones parmi les plus riches de la planète. Mais près de 80 millions de personnes, soit 17% des citoyens de l’UE (source Eurostat) y vivent sous la menace de l’exclusion. Voilà des gens qui n’ont pas assez d’argent pour manger ou s’habiller et qui souffrent de conditions de logement souvent terrifiantes. Au cœur de ces poches de pauvreté, les enfants figurent parmi les plus vulnérables. (http://www.euranet.eu/fre/Archives/Actualites/French/2010/January/Pauvrete-et-exclusion-sociale-progressent-en-Europe)
Si l’exclusion et la pauvreté disparaissaient : utopie, rêve, chimère, illusion…
Si l’exclusion et la pauvreté étaient là pour perdurer : réalité, fait, vérité, certitude…
Comment départager entre le rêve d’un monde idéel et la réalité du monde réel où le plaisir et la souffrance se côtoient ; où l’abondance et les manques constituent le quotidien de millions de ménages ?
La réponse dirait Keynes : « Les deux vices marquants du monde économique où nous vivons sont, le premier, que le plein emploi n’y est pas assuré, le second, que la répartition de la fortune et du revenu y est arbitraire et manque d’équité »[1].
Dès lors il faudrait créer un équilibre entre le nombre d’emplois offerts et les emplois requis pour répondre aux besoins du vivre ensemble actuel ;
La richesse et la pauvreté peuvent difficilement être pensés séparément, et portant, elles sont considérées de façon distincte. Comme si les deux mondes pouvaient être traités médicalement de façon séparée…
[1] Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, Paris, Payot, 1942, éd. 1949, p. 386.
ShoreBank, une banque pas comme les autres… (14 décembre 2009)
L’histoire commence au milieu des années soixante. Dans la foulée de l’après Deuxième Guerre mondiale, les avancées de la mobilité sociale se conjuguent à une transformation de la demande en main-d’œuvre de la part des entreprises nord-américaines. Ce double mouvement a des effets opposés. Les bénéficiaires des avancées du fordisme, en gros une proportion importante des populations étatsunienne et canadienne, voient leur capacité d’achat progresser, ce qui se traduit par une entrée massive dans l’ère de la consommation de masse et dans celle du « vive la banlieue, délaissons la grande ville ». Pour de nombreux quartiers urbains des États-Unis, telle la communauté South Shore de Chicago, nous assistons à partir des années 1950 à un lent exode de salariés de la classe moyenne vers les banlieues et à la localisation de travailleurs pauvres ou de personnes sans emploi issues de communautés culturelles dans les logements qui se vident. Avec l’exode de ces personnes fuient les commerces et les services de proximité. D’une façon imagée, le phénomène « little boxes » de Malvina Reynolds prend de l’ampleur et se traduit par l’apparition de « déserts d’investissements » dans des communautés qui prospéraient jusque là.
La contrepartie des transformations en cours est fondamentalement liée aux besoins des entreprises pour une main-d’œuvre mieux formée, plus qualifiée et plus mobile. Les pressions à l’emploi se font alors plus fortes, l’exclusion s’installe. Ces populations ont tendance à se loger là où des opportunités de localisation se présentent. Avec le départ de couches moyennement aisées vers les banlieues, l’occasion est intéressante de se rapprocher du centre ville et des services qu’on y trouve. Mais voilà, les commerces et les services de proximité n’apprécient guère ce changement de profil de clientèle. Ils vont eux aussi avoir tendance à migrer vers des cieux qui leur paraissent plus cléments. C’est dans ce contexte que le conseil d’administration de la South Shore National Bank décide de fermer ses portes à la fin des années 1960 et demande une autorisation de relocalisation. Autorisation qui sera refusée en 1972 par le US Comptroller of the Currency.
Les propriétaires de la South Shore National Bank peuvent certes décider de fermer la banque, mais ils doivent avoir l’autorisation pour en relocaliser la place d’affaires. Ne l’ayant pas obtenue, ils décident de vendre. La banque est rachetée par un groupe d’entrepreneurs à l’esprit communautaire qui décident de faire de cette dernière la première banque communautaire de l’ère moderne des États-Unis. Aujourd’hui, la ShoreBank compte plusieurs succursales dont une branche vouée à la promotion du développement durable. Au fil des années, le groupe financier a revu les fondements de la corporation, ses principes et ses valeurs, pour consolider sa mission communautaire tout en la dotant d’un énoncé clair de promotion du développement durable (Gable, 2007).
Since 1973, the company has financed $3.5 billion toward the renovation and purchase of more than 50,000 units of available housing. ShoreBank also finances the decontamination and redevelopment of abandoned manufacturing sites, and helps businesses find funding to change waste-intensive processes and reduce or eliminate the use of toxic materials. In 2007, the company’s conservation loan originations totaled $185 million, money that is also used to protect and revitalize land and water. (Watson-Larson, 2009, p. 2)
Comment expliquer pareille réalisation ? En revisitant l’histoire de cette banque, quelques conditions de réussite deviennent apparentes.
D’une part, nous retrouvons tout au long de l’histoire du développement de cette banque une volonté d’innover en réponse à des problèmes criants. L’idée maîtresse est certes d’inverser les effets d’un processus de financiarisation reposant sur la volonté de transférer des avoirs des zones locales pauvres vers des zones riches.
Les promoteurs du projet étaient en quelque sorte des visionnaires. Comment ont-ils procédé ? En offrant des prêts à des entrepreneurs issus de communautés culturelles, lesquels étaient à l’époque ignorés par le système bancaire dominant.
D’autre part, en mettant dès le départ sur pied une organisation de développement économique communautaire, la Illinois Neighborhood Development Corporation (INDC), ils se sont dotés d’un levier pour agir sur le développement local de South Shore.
Enfin, en s’appuyant sur la mobilisation de la population locale, tant pour empêcher la délocalisation de la South Shore National Bank que pour renouer une relation de confiance
avec des épargnants et des emprunteurs locaux, ils se sont donnés des assises pour assurer la croissance de l’entreprise. Au cœur du processus, nous retrouvons des relations serrées avec des organisateurs communautaires, nous retrouvons l’appui financier de fondations religieuses, enfin, des relations étroites sont tissées avec le milieu universitaire.
ShoreBank illustre une façon relativement simple de contrer l’exclusion découlant de l’enlisement dans le sous-développement qui affectait la communauté de South Shore. Le groupe de financiers communautaires atteint ses objectifs en plaçant au cœur de la mission de cette organisation l’idée qu’il est non seulement possible, mais vital de construire des communautés locales à partir d’une économie inclusive et durable. Ils ont donc tourné le dos aux pratiques bancaires susceptibles d’accentuer le phénomène de l’exclusion.
Favela et banque communautaire, l’exemple de Banco Palmas (27 novembre 2009)
Vous songez à un voyage de rêve, pourquoi ne pas faire de Fortaleza au Brésil votre prochaine destination ? Hôtels luxueux sur front de mer paradisiaque. Sans compter Beach Park pour vous lover dans la consommation d’activités ludiques diversifiées s’étendant sur près de vingt kilomètres ! Sans oublier la présence d’une culture vivante et dynamique, celle du Nord-Est brésilien, avec ses fêtes et sa musique envoutantes qui feront de ce séjour un moment inoubliable.
Ce paradis pour touristes du Nord et du Sud a signifié l’exil des populations qui vivaient au bord de mer. Au début des années 1970, développement oblige, une partie de ces populations a été relocalisée dans une favela située à vingt kilomètres de Fortaleza : le Conjunto Palmeiras.
Être pauvre et vivre du produit de la mer est de beaucoup préférable au fait de se retrouver dans un territoire isolé délabré et dépourvu de tout service. Loin de tout, sans eau courante, ni électricité, sans aqueducs et sans transport public, Conjunto Palmeiras portait l’identité d’un territoire orphelin du développement ou extrême pauvreté, maladies et mortalités enfantines étaient le lot de ses habitants.
En quarante ans, la situation s’est grandement améliorée. Des leaders religieux et sociaux se sont impliqués. La population locale s’est mobilisée. Le parti des travailleurs (PT) a conquis la mairie de Fortaleza, permettant une meilleure écoute pour les questions sociales et l’intégration urbaine du favela comme quartier de Fortaleza en 2007. L’urbanisation y est presque terminée. Elle fut rendue possible par des fonds provenant d’un projet de coopération internationale auquel était associée une démarche de réflexion sur l’aménagement anticipé.
De cette mobilisation sur le thème « Habiter l’inhabitable » émergent un plan de revitalisation sur dix années et différents projets à caractère économique dont une initiative visant la création d’une monnaie sociale. Fort de cette dernière, une banque communautaire, Banco Palmas, est mise sur pied, laquelle met à la disposition de ses membres différents services dont une carte de crédit communautaire. Ce système financier alternatif favorise l’émergence et le développement d’un commerce de proximité adapté aux besoins de la population locale (Banco Palmas_dani.pdf).
En quarante ans, le processus de prise en charge fondé sur une mobilisation collective fait en sorte que l’adversité initiale, dans tout le dénuement que représentait l’exil de 1970, a pu être convertie en un enrichissement collectif.
Ces gains sont possibles parce qu’il y a volonté commune d’agir par l’action collective pour surmonter un système insensible et désengagé à l’égard d’individus, de familles et de collectivités en situation d’isolement et d’exclusion. Ces gains découlent du fruit d’une mobilisation de la population pour qui l’action collective signifie refuser d’attendre que le capital financier et l’économie dominante daignent porter attention à des favelados qui donnent l’impression d’être sans ressources. Enfin, ces gains sont possibles par la réflexion collective, l’organisation politique sous la forme d’un regroupement de citoyens et la production d’un plan de revitalisation par la convergence de savoirs et de pratiques entre différents groupes sociaux : intervenants sociaux, de la coopération internationale, représentants du clergé, représentants syndicaux…
Où sont-ils ? (7 novembre 2009)
Nous les retrouvons dans les grandes écoles, dans les universités, dans les grandes banques et autres institutions financières, au sein de ministères et agences publiques. Ils sont partout… Ou presque, car ils ne sont pas dans les quartiers, ni avec les pauvres, ni auprès des démuniEs, ni dans les organisations qui travaillent à la base avec des excluEs.
Mais de qui parlons-nous ? Pas des travailleurEs sociaux. Certes non. Nous parlons des économistes. C’est-à-dire, des personnes ayant acquis de grandes connaissances et compétences dans le domaine de la science économique. Selon le Dictionnaire de la langue française, la science économique étudie les « activités de production, de distribution et de consommation des richesses, des biens dans une société ».
La science économique se penche donc sur la façon de produire la richesse, de la distribuer et de la consommer. Que font les économistes lorsque la richesse est produite en excluant des personnes de cette production ? Que font-ils lorsque la richesse est distribuée en excluant des personnes de cette distribution ? Que font-ils lorsque la richesse est consommée en excluant des populations de cette consommation ? Enfin, où sont-ils lorsque des citoyenNEs ont besoin d’eux pour initier à l’échelle locale de nouveaux processus de création de richesse collective ?
Ils sont absents. Tant les économistes dits libéraux que radicaux sont totalement absents. Ils ne sont pas présents auprès de personnes pauvres ou exclues qui agissent et qui luttent pour sortir de la misère. Il ne sont pas présents lorsque vient le temps de penser des modalités de production d’une richesse s’adressant aux personnes qui en sont privées. Ils ne sont pas présents pour penser une économie qui donnerait à tout un chacun la même place dans le processus de production, de distribution et de consommation de la richesse.
Nous invitons donc les économistes à faire acte de modestie, à descendre dans la rue pour se mettre à l’étude d’activités alternatives de production d’une richesse collective pour les pauvres. Nous les invitons à ne pas jouer dans la facilité en continuant d’être au service de ceux qui sont riches. N’en n’ont-ils pas déjà assez ? Pourquoi les aider à en faire plus ?
Bref, ils pourraient s’inspirer d’une phrase du serment d’Hippocrate : « Dans toute la mesure de mes forces et de mes connaissances, je conseillerai aux malades le régime de vie capable de les soulager et j’écarterai d’eux tout ce qui peut leur être contraire ou nuisible ».
Tout un défi à relever. Nous les invitons à le faire…
Une grue s’envole
Mains et pieds liés
L’hirondelle fait son nid (26 octobre 2009)
En 1961, dans le district Jiangsu de Chine, Huaxi se démarque peu d’autres villages paysans de la région : travail de la terre pour un pécule et pauvreté en reste. Pourtant, en l’espace de quarante ans, le village est méconnaissable. Véritable eldorado industriel, la richesse et le bien-être à l’occidental sont au rendez-vous. La grue s’est envolée.
Pourquoi un tel miracle ? Le succès est associable à une combinaison de facteurs. Le leadership de Wu Renbao, la mobilisation de la communauté de petits producteurs de riz et un ensemble de règles relativement strictes du vivre ensemble n’y sont pas étrangers. De même les principes adoptés dès le départ d’une redistribution collective contrôlée des fruits de la production s’est ajusté à un bon sens des affaires et à une conjoncture favorable. La forte demande de produits sidérurgiques, d’un côté, et de vêtements à bon marché de l’autre, constitue certes des clés qu’ont su saisir les planificateurs initiaux pour transformer les assises paysannes en actifs industriels.
Le collectivisme a pris la forme d’une vaste société à actions dont les membres sont les familles fondatrices du village : sur la base de la citoyenneté villageoise s’est construit un actionnariat collectif au service d’une stratégie de développement en spiral. L’investissement local a fait office de pompe financière qui a alimenté en deniers et en force de travail les premières implantations industrielles du village. Dans une telle formule, certaines conditions s’imposent. Si les familles d’origine quittent, elles perdent tout.
Évidemment, les besoins en main-d’œuvre au cours des vingt dernières années ont cru rapidement. Huaxi a intégré vingt-six villages voisins. La population est passée de 1 500 familles à 60 000 personnes incluant 30 000 travailleurs migrants. Lesquels bénéficient de conditions salariales et d’une vie locale intéressante. Ils ne sont toutefois pas actionnaires.
Mains et pieds liés à une richesse nouvellement créée, tant les actionnaires villageois que les travailleurs migrants bénéficient d’une situation redistributive plus qu’intéressante.
Huaxi témoigne ainsi des possibilités de créer de la richesse à partir d’une mobilisation fondée sur une prise en charge collective. Des enseignements curieusement qui échappent à l’orthodoxie économique ! Nous en appelons donc aux économistes soucieux de penser autrement le rapport à l’économie pour contribuer au développement de modèles économiques qui soient inclusifs et redistributifs.
La population de Huaxi démontre à sa façon qu’une hirondelle en toute modestie est autant en mesure de faire son nid et de produire la richesse qui lui est nécessaire que d’attendre comme la cigale que le marché le fasse à sa place.
Que faut-il de plus ? (19 octobre 2009)
Soyons réaliste, le calme est revenu après la tempête : la croissance économique est de retour. Pour preuve, plus de 1,02 milliards de personnes souffrent de la faim dans le monde révèle une étude récente réalisée par la FAO. De ce nombre, 15 millions vivent dans les pays développés !
La faim, la pauvreté, la non intégration et l’exclusion aux avantages et aux bénéfices de la modernité sont des réalités qui touchent les populations de tous les pays, mais à des échelles très différentes. Triste nouvelle…
Que faut-il de plus pour que les grands et les petits de ce monde unissent leurs efforts pour s’attaquer au grand défi civilisationnel que représente l’éradication de la faim, de la pauvreté et de l’exclusion ? Difficile d’envisager qu’il faille encore plus de pauvreté. Difficile d’imaginer que les évidences ne soient pas assez parlantes. Difficile d’imaginer que notre sensibilité soit si mince que les malheurs d’un milliard de personnes nous laissent indifférents. Et pourtant, telle est la réalité.
Dans le monde qu’est le notre, il n’y a de richesse qu’à la condition qu’il y ait de la pauvreté. Le niveau de développement que nous avons atteint repose et exige que la richesse soit concentrée entre les mains d’une minorité. Lutter contre la faim, contre la pauvreté et contre l’exclusion demande donc de reconsidérer la course à la croissance pour la croissance. Elle demande de ne pas faire l’autruche en faisant semblant que notre modèle de développement soit le plus habilité pour relever ce défi.
Ce défi pourra être relevé si nous remettons en question les modalités discriminantes et aliénantes de production et de distribution de la richesse. Ceci passe certainement par une révolution de l’organisation économique. Ceci passe certainement par une révolution culturelle afin de remettre au centre du « vivre ensemble » la question des droits et des responsabilités sous toutes leurs formes.
Chronique sur une belle idée annoncée ! (29 septembre 2009)
La loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion est une nouvelle mesure légale adoptée en mars 2009 par le gouvernement français. Cette loi « contient une série de dispositions de nature à renforcer la mobilisation des acteurs de l’immobilier, à améliorer le fonctionnement des copropriétés, à développer une offre nouvelle de logements, mais aussi à renforcer la mobilité dans le parc de logements, à lutter contre l’exclusion, et enfin à faciliter l’hébergement et l’accès au logement ». Fort de cette Loi n0 2009-323, l’État français pourrait décider de reprendre les recommandations du rapport d’Etienne Pinte sur « l’hébergement d’urgence et l’accès au logement des personnes sans abri ou mal logées », lequel préconisait la construction de 500 000 nouveaux logements par année, dont 120 000 logements sociaux. (
La solution passerait par le béton (rapport Pinte). Elle passerait aussi par un meilleur encadrement législatif des parcs HLM (Loi 2009-323).
Est-ce approprié ?
S’il est exact que l’offre de logements sociaux abordables et que l’accès à la propriété pour les personnes démunies ou à faible revenu pose problème. S’il est vrai qu’il importe d’investir dans le logement social pour accroître le nombre de ces derniers, pour améliorer la qualité du bâtit et pour répondre aux besoins des locataires. Il est tout aussi vrai qu’investir seulement dans le béton ne suffit pas.
L’expérience de Parole d’excluEs montre clairement l’importance d’œuvrer à la fois sur la dimension physique et sur la dimension humaine du vivre ensemble. Certes, des personnes pauvres ou exclues ont besoin d’avoir accès à des logements sociaux qui soient en nombre et en qualité suffisante. Ils ont aussi besoin que ces unités de logement soient dotées de dispositifs facilitant, par la mobilisation, l’exercice d’une vie citoyenne et d’une vie collective. Sans cette animation sociale de base reposant sur des principes et des valeurs facilitant une mise en mouvement citoyen par et dans l’action collective, il est illusoire de penser que seule l’amélioration de l’offre de logements sociaux ou de leurs dispositifs de gestion sera suffisante pour lutter contre la situation d’exclusion.
Il faut plus ! Il importe d’investir aussi dans la mobilisation sociale…
L’illusion… (12 septembre 2009)
Dans un éditorial dense, Paul Krugman livre une analyse riche et complète sur les raisons du désarroi des économistes face à la dernière crise économique. How Did Economists Get It So Wrong? se penche sur l’inadéquation du point de vue qui fonde l’analyse économique contemporaine. La solution à une telle incompétence serait simple. Selon l’éditorialiste, elle reposerait sur l’adoption d’un angle d’analyse où les économistes seraient appelés à reconnaître que les marchés financiers sont imparfaits, qu’il importe de renouer avec la théorie keynésienne et qu’il est urgent d’intégrer la dimension financière dans l’analyse macroéconomique.
Est-ce vraiment suffisant ! La dernière crise, si elle n’a pas été anticipée par les économistes, elle a tout le moins été gérée de telle sorte qu’un atterrissage en douceur a été possible. Au prix certes d’une augmentation du taux de chômage et d’une recomposition des processus et des dynamiques d’appauvrissement. Au prix certes d’une reconfiguration de filières, telle le secteur automobile, et d’un changement de places et de positions de grands acteurs économiques. Au prix d’un retour des déficits publics, le cas québécois et canadien.
Somme toute, la situation se rétablit et, malgré l’appel de Krugman à un plus grand contrôle des activités du secteur financier, cette piste d’action est chose du passé.
Les économistes ont le devoir moral de se pencher sur les mécanismes « de création de la richesse et de la pauvreté », l’un ne va pas sans l’autre. Ce devoir leur incombe s’ils ne veulent faire de leur profession, non pas cette discipline au service du capital, mais une discipline partie prenante d’un processus complexe de production citoyenne des connaissances. Pour y arriver, il faudrait penser autrement cette « science ». Ne pas la cantonner aux propositions énoncées par Krugman. Les marchés, financiers ou autres, n’ont jamais été parfaits et ne le seront jamais. Le keynésiannisme constitue une approche visant le rétablissement d’un équilibre et non une façon alternative de penser le rapport « Économie – Société ». Enfin, l’intégration du secteur financier dans l’analyse macroéconomique demeure une mesure intéressante et nécessaire, mais combien insuffisante.
Cette autre pensée économique ne représente pas qu’un « débat entre experts ». Elle peut difficilement faire l’économie de se frotter au terrain. Des réflexions en ce sens sont présentes dans différents pays. Elles sont liées à des expériences terrain, par exemple celle menée à Montréal-Nord dans le cadre du projet de mobilisation par le logement social initié par Parole d’excluEs. Cette autre façon de penser l’économie doit forcément s’accrocher à des objectifs de transformations et de construction d’une société inclusive. L’IUPE contribue à sa façon au développement de cette autre façon de penser l’économie.
Édito de bon aloi ! (5 septembre 2009)
Rendre visible et tangible l’exclusion, pourquoi est-ce si difficile et si important ? Mariana Chilton le démontre de façon convaincante. Avec l’aide de quarante femmes en situation de pauvreté, 6 000 clichés présentés au Capitol par celles-ci témoignent d’un vécu affectant plus de 12.5 millions d’enfants aux États-Unis.
L’évidence est à portée de main. Et pourtant, nous filtrons ce que nous voulons voir, entendre et comprendre. Il semble de bon aloi de voir augmenter le nombre de voitures de luxe dans les rues de Montréal. Il apparait moins important de comprendre et se préoccuper du quotidien des Montréalais – femmes, hommes et enfants – vivant en situation de pauvreté.
Le message livré par Mariana Chilton est double. S’il est essentiel de donner une voie aux exclus – par la parole, par l’image, par l’écrit ; il est insuffisant de penser des mesures partielles, comme les bons alimentaires, pour répondre au problème de la faim. “La réponse à cette faim-là, ce n’est pas plus de nourriture. C’est un logement décent, l’éducation, l’accès aux soins.”
Que dire de plus…
Édito enchantant (28 aout 2009)
La grande messe électorale – volet municipal – prend sa vitesse de croisière. Chaque formation mobilise de nouveaux visages. Ces derniers se parent des plus belles intentions et motivations disponibles sur le marché politique des idées reçues. Ces personnages, plus ou moins connus, sortent du placard pour crier leur amour de Montréal, leur indéfectible allégeance au leader de leur chox. Ils et elles sont débordantEs d’enthousiasme et se veulent convaincantEs.
Pendant ce temps, les habitants de l’îlot Pelletier (Montréal-Nord) se demandent comment ils vont faire pour mobiliser les sommes nécessaires pour défrayer les frais des fournitures scolaires. Entre les économies sur la nourriture, les économies sur les vêtements et le transport, sur les loisirs et j’en passe, ils vont réussir l’impossible en bouclant positivement un budget serré au point où l’air ne passe pas. Certains réussiront bien, d’autres moins bien.
Ces citoyens et citoyennes seront appeléEs à voter prochainement pour des inconnuEs qui n’auront pas pris la peine de descendre dans la rue pour les entendre. Qui n’auront pas pris le temps de les rencontrer – dans des assemblées de quartier ou des réunions de cuisine – pour comprendre leurs réalités, les aspirations et les rêves qu’ils ont pour le petit bout de Montréal qu’ils habitent et qu’ils aiment bien.
Il n’est certes pas trop tard. L’invitation est lancée…
Chalereux felicitations !!, une excellente iniciative, innovatrice et très utile au travail sur le territoire. Quelques autres commentaires pourront être faites, après d´une lecture plus detaillé des materiaux du blog.
Publié par Carlos La Serna | 15 décembre 2009, 14:47